On s’étonnait du silence des féministes après le reportage de Sevran. On avait tort. L’une d’entre elles vient de sortir de son mutisme. Pour apporter son soutien… au cafetier.

Clémentine Autain, sur Twitter, s’affiche tout sourire, accoudée au bar PMU de Sevran – où elle est élue Front de Fauche – avec cette légende :

Je consomme et demande au CSA de visionner intégralité bande caméra cachée 2. Stop stigmatisation banlieue.

Une phrase qui décrit en moins de 140 caractères toute l’imposture féministe. Si le violoniste aime le violon, le progressiste le progrès, le chimiste la chimie, la féministe n’aime pas la femme. Et loin de prendre sa défense, met sa parole en doute, minimise les faits, demande à revoir tout le film – sans doute a-t-il été tronqué – et fanfaronne : « Regardez-moi, je peux boire tous les cafés que je veux ! »

Oubliant que, le scandale ayant été éventé, il ne sera pas de sitôt réitéré, qu’elle est une personnalité et qu’elle n’est pas « typée », donc moins susceptible d’être rabrouée que celles qui se voient reprocher de ne pas avoir gardé les mœurs « du bled ». Telle Scarlett O’Hara arpentant gaiement Tara, elle n’imagine pas que d’autres, moins gâtées par la vie, puissent être traitées avec un peu moins d’aménité dans la plantation.

Et Clémentine Autain n’en est pas à son coup d’essai. Il y a près d’un an, après les viols de Cologne, elle n’avait pas jugé bon de faire montre de la moindre compassion pour les victimes, se contentant de relativiser l’événement en évoquant un précédent, les « Allemandes violées par les soldats pendant la Deuxième Guerre mondiale ». Le tweet avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux, tant par son caractère « comique » – une communiste dénonçant les exactions des soudards soviétiques ? Mieux vaut tard que jamais ! – que parfaitement absurde : en quoi les viols des unes excusent-ils les viols des autres ?

Mais d’où vient donc, lisait-on dans Marianne en 2010, que les féministes françaises se sentent « gênées aux entournures » dès qu’il est question d’ ?

En six ans, une marche a été franchie : les féministes françaises comme Clémentine Autain ne sont plus « gênées ». Elles n’ont même aucune honte à afficher leurs priorités.

Clémentine Autain se décrit comme héritière de Christine Delphy – cofondatrice, avec Simone Beauvoir, de la revue Nouvelles questions féminines – qui, après avoir enjoint les Françaises à brûler leur soutien-gorge, dénonce furieusement quiconque s’aviserait de remettre en cause le voile islamique. Leur tir d’artillerie, ethno-ciblé, ne vise que l’homme occidental. Et elles le revendiquent.

Rappelons la disgrâce dont a fait l’objet l’association Ni Putes ni soumises, son discours – qui tentait de dénoncer quelques « usages » dans les quartiers – ayant été accusé (Les Inrocks) d’être devenu « un alibi anti-arabe, une cause de la xénophobie d’État », « du féminisme de bas étage (sic) et donc extrêmement dommageable pour le féminisme ». Clémentine Autain, loin de se sentir coupable d’avoir laissé prospérer dans la ville dont elle a, pour part, la charge un délétère pour les femmes, pratique donc un féminisme de « haut vol », que l’on pourrait nommer – mot-valise oxymorique – « féminislamisme ».

En brouillant son , en niant sa nature, en dénigrant son statut au sein de notre culture, les féministes ont fait de la femme occidentale table rase, la laissant nue, propre à être rhabillée – au propre comme au figuré – par d’autres, dotés sur ce sujet d’idées bien arrêtées.

Elles ont fait le lit de l’. Elles viennent à présent le border maternellement.

14 décembre 2016

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