Enfin une bonne nouvelle ! Le « » est une affaire pour ainsi dire classée. Il était temps, car on avait beau en parler a minima, parfois loin derrière le et la météo pourrie, c’était quand même un peu pénible.

Pour résumer, les auteurs du délit (qui se trouvent être les juges) ne seront pas inquiétés. Par précaution, connaissant bien leur métier, ils ont d’ailleurs détruit la preuve (le mur des cons). Le témoin du délit, en revanche, sera puni. Rien à signaler, c’est la à la française.

Après avoir fait passer devant un conseil de discipline durant plus de quatre heures, la direction de France 3 demande une mise à pied de sept jours avec privation de salaire. Et inutile de chercher un soutien du côté des syndicats, même la CGT se range du côté du gentil patron contre le méchant salarié : « Le travail de journaliste est bien d’aller chercher l’information là où on ne veut pas forcément la lui donner, mais je maintiens qu’il y a une faute éthique de la part de Clément Weill-Raynal », affirme son représentant Joy Banerjee. Autrement dit, Weill-Raynal a bien fait son travail mais il a péché contre la morale. (Joy défenseur du patron, de la morale… bientôt du petit Jésus ? Tu te souviens, Joy, que tu es à la CGT ?)

Que lui reproche-t-on au juste ? Pas d’avoir filmé, donc, sans demander « s’il vous plaît, madame » parce que, bien sûr, si tout ce qu’un journaliste rapportait sur les uns et les autres devait être préalablement visé par les intéressés, un journal ne serait qu’une agence de pub et Albert Londres en moins bronzé.

Selon la formule célèbre d’Albert Londres, justement, « Le métier de journaliste n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » Mais ce triple sot de Clément Weill-Raynal s’est gouré de plaie. Il a malencontreusement oublié qu’il y a des plaies auxquelles on ne touche pas, sur lesquelles on jette un pudique drap blanc, même si elles sont gangrenées jusqu’à l’os.

Selon la direction de France 3, Clément Weill-Raynal aurait dû porter son film à la connaissance de la chaîne qui l’emploie. Un manque de loyauté professionnelle, donc. Quand un salarié fait une trouvaille dans le cadre de son boulot, la moindre des choses est d’en réserver la primeur à sa boîte. Normal que cette dernière soit furax. Ce qui pèche, dans cette jolie démonstration, c’est que Weill-Raynal n’est pas allé vendre sa trouvaille au plus offrant. Bien au contraire. Pourquoi donc un journaliste, qui tient un scoop explosif et qui travaille pour l’une des plus grandes chaînes télévisées, préférerait-il le garder par-devers lui, en parler simplement à un ami magistrat pour finalement le voir ressortir sur un site Internet à audience beaucoup plus modeste que son employeur au risque d’en limiter la portée ? Oui, pourquoi, s’il n’avait pas d’autre choix, persuadé que sa chaîne, comme tous les gros ayant pignon sur rue, se serait empressée de jeter sa révélation inconvenante dans la première poubelle ou, en tout cas, ne la lui aurait pas pardonnée ? Et les événements lui donnent raison, non ?

6 juin 2013

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