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Editoriaux - Histoire - Table - 3 mai 2013

Claude Guéant embourbé dans ses mensonges…

Il faut avouer que cet oiseau-là, on ne s’attendait pas à le voir se brûler les ailes pour une histoire de fric. Guéant, c’était le « père la morale » du sarkozysme, le prof en blouse grise qu’on sortait pour rameuter les électeurs, ceux partis en récré avec la maîtresse blonde… Mais une perquisition à son domicile, dans le cadre de l’enquête sur le financement libyen de la campagne de Sarko, et… patatras !

Maintenant que d’obscures mains secouent l’arbre pourri, les nids douillets tombent les uns après les autres. Et le pigeon pique une tête à son tour, vers le ras des pâquerettes. Non loin des bouses de vache. Atmosphère de campagne… médiatique, aux odeurs fortes. Du haut de ses sondages flamboyants (24 % au premier tour d’éventuelles présidentielles, ce vendredi sur i>TÉLÉ), la présidente du FN compte les points. Un coup à droite, un coup à gauche, de Cahuzac au fils Fabius, en passant par Lagarde… 20 ans après que Bérégovoy s’est logé deux prunes dans le ciboulot, rien de nouveau en Ripoublique !

Avec l’affaire Guéant, on sent que ça patauge grave. Interrogé sur l’étrange virement de 500.000 euros reçus sur son compte depuis l’étranger, notre honnête bourgeois a pêché on ne sait où une réponse qui donne le mal de mer : la somme proviendrait de la vente (en 2008) de deux tableaux d’un certain Andries van Eertvelt, faiseur de tempêtes à l’huile, et amoureux de marines.

Premier problème : aucun certificat d’exportation d’œuvre d’art ne fut délivré, pourtant obligatoire pour les tableaux dépassant les 150.000 euros. Second problème : la valeur des toiles ne dépasserait pas 15.000 euros… « C’est vrai, j’ai fait une bonne affaire », affirme, rougissant, l’ancien ministre de l’Intérieur. En plus du virement, Le Canard enchaîné révèle de « nombreux et conséquents paiements de factures en liquide ». Selon le haut fonctionnaire, avouant, presque une larme à l’œil, qu’il « vivait chichement » à l’époque, ce liquide provenait, lui, des « frais de police »… qu’il percevait « mensuellement », dit-il au Parisien !

Complètement embourbé dans la marée noire des explications douteuses, Claude « Money » Guéant se prend les pieds dans la toile.

Avis de gros temps. De leur côté, les matelots de l’UMP ne sont guère pressés de sauver cet homme à l’amère… condition. Sur D8, la délicate a carrément estimé mardi que son ex-collègue était « soit un menteur, soit un voleur ! » Pas loin de prendre l’eau, l’amateur de batailles navales commet un cruel lapsus devant Pujadas : « Quand [un journaliste] dit que j’ai eu des versements conséquents… euh pardon, que j’ai payé des sommes conséquentes… »

Pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, Guéant « salit les fonctionnaires de l’Intérieur. Il n’y a plus dans les cabinets, depuis Jospin, d’argent en liquide qui circule. »

Claude « Money » Guéant : impressionnable ou… surréaliste ?

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