Editoriaux - Entretiens - Médias - 3 février 2020

Claude Chollet, à propos des Sleeping Giants : « une entreprise totalitaire qui doit être combattue comme telle »

Claude Chollet, président de l’Observatoire du journalisme, revient sur les menaces qui pèsent, en France, sur la liberté d’expression, en particulier en raison des actions des Sleeping Giants et des modalités de la loi Avia.

L’OJIM s’attaque aux Sleeping Giants. Pour quelle raison?

Je ne formulerai pas les choses comme cela. Face à une nouvelle Inquisition, nous faisons de la légitime défense. Au-delà de la liberté d’expression, c’est maintenant la liberté d’opinion qui est en danger. Les « géants endormis » sont une des faces d’un mouvement liberticide qui prend de l’ampleur. Comme nous sommes des inconditionnels de la liberté d’expression et d’opinion, nous montons au créneau.

En quoi ce groupuscule attente-t-il à la liberté d’expression?

Comme beaucoup de mouvements (l’idéologie du genre, etc.), ce groupe vient des États-Unis. Lorsque Trump a été élu, un mouvement – inspiré par le parti démocrate et par les réseaux Soros – a entrepris d’assécher financièrement le site Breitbart (un des soutiens de Trump) en demandant aux annonceurs du site d’interrompre leurs publicités, avec un relatif succès. Leurs émules français visent le même objectif : couper les vivres à tout ce qui n’est pas au côté du monde libéral libertaire dont ils défendent les valeurs et les intérêts. D’où leurs campagnes contre CNews avec l’émission de Zemmour, contre Valeurs actuelles, Boulevard Voltaire et, demain, contre toute pensée dissidente. C’est une entreprise totalitaire qui doit être combattue comme telle.

Loi anti-« fake news », loi Avia, derrière l’objectif louable en apparence de lutter contre le mensonge et la « haine en ligne », quelle volonté lisez-vous entre les lignes ?

Chacun le sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions. La loi Avia est un trompe-l’œil. Entre « l’amour » et « la haine », qui hésiterait ? Mais ceux qui soi-disant combattent les discours de haine veulent, en réalité, mettre sous le boisseau toute parole non conforme un peu vigoureuse. Entre les lignes, je lis l’inquiétude d’un monde secoué par les contestations populaires et qui invite les siens à resserrer les rangs – par tous les moyens – pour garder ses prébendes. Cédric O, le secrétaire d’État au numérique, a vendu naïvement la mèche en espérant que « la loi permettra la fermeture de sites que nous souhaitons voir disparaître ».

Comment agir efficacement pour protéger nos libertés d’expression et d’information?

Comme disait mon grand-père, « restons calmes et buvons frais ». Tout d’abord, dénonçons sans relâche les censeurs, ce n’est pas un rôle dont ils sont fiers. Ensuite, encourageons les entreprises à résister. Enfin, produisons des contenus de qualité, c’est ce que nous avons résumé dans une vidéo qui suit, libre de droits, que nous encourageons vos lecteurs à diffuser largement.

https://www.youtube.com/watch?v=F7RrLoTUg2w&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2020-01-31

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