Qu’on ait gagné ou pas, les lendemains d’élections ressemblent toujours un peu à des gueules de bois. Ambiance : « Quelles conneries ai-je encore pu proférer tard dans la nuit et dont je ne me souviens même plus au petit matin ? »

Pour , président en sursis de l’Assemblée nationale et candidat malheureux à la présidence du Conseil région d’Île-de-France, la cuite remonte manifestement à plusieurs jours. Avec montée d’alcoolémie manifeste il y a peu, lors de sa sortie contre celle qui vient de le sortir, Valérie Pécresse, censée défendre « Versailles, Neuilly et la race blanche ». Beau comme du Nadine Morano sous effet du Beaujolais nouveau…

Pour François Bayrou, cette « sortie » lui aurait donc coûté la victoire. Ce qui est également l’avis du Figaro de ce lundi, mais qui ajoute encore : « Plusieurs responsables politiques, y compris certains de ses alliés de gauche, ne manquent pas de désigner certains de ses choix stratégiques, mais aussi les orientations du gouvernement, comme autant de causes de l’échec du socialiste, après dix-sept ans de gouvernance à gauche de l’exécutif francilien. »

Si l’on résume, on accuserait Claude Bartolone de ne pas avoir été assez de « gauche » lorsque participant de la majorité gouvernementale, tout en le stigmatisant d’avoir été trop de « droite » lors de la campagne de cet entre-deux tours… Du coup, après avoir félicité Valérie Pécresse pour sa victoire, Claude Bartolone remet en jeu son mandat de président au Palais Bourbon « à la disposition de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale ». Et là, nouveau « dérapage », comme on dit : « Bruno Le Roux déterminera si les députés socialistes, dont ma légitimité est issue, souhaitent ou non que je poursuive la responsabilité qu’ils m’ont confiée. »

Soit, mais la désignation à ce fameux perchoir, hissant son impétrant au rang de quatrième plus haut personnage de l’État, ne saurait se décider par l’adoubement de tel ou tel faction politique, s’agissant du vote de l’Assemblée toute entière, tous groupes confondus. En la circonstance, Claude Bartolone, qui ne paraît guère en possession de tous ses neurones, semble être parti, en tongs et slip kangourou, à la cueillette aux champignons.

A contrario, il convient de noter que ce dimanche, Valérie Pécresse s’est tenue de manière plutôt impeccable, ne vomissant pas sur le Front national, tout en évitant d’évoquer un quelconque front républicain, ayant même l’élégance de saluer ses deux adversaires malheureux, Claude Bartolone et… Wallerand de Saint-Just. Tout en saluant, tel qu’écrit hier en ces colonnes, tout ce qu’elle doit à son mentor : Jacques Chirac. Et pan sur Sarkozy !

Ce qui fait dire, dans la newsletter de Causeur, mensuel dirigé par la très pétulante Élisabeth Lévy, à propos de cette fameuse « race blanche » : « Tout le monde a compris que Bartolone représentait la Courneuve, Bobigny et la France “diverse” et musulmane. D’un côté les Blancs qui sont aussi les riches et les cathos. Et de l’autre, les pauvres qui ne sont pas les Blancs. (…) Haine de classe, haine de race, Barto a voulu jouer sur tous les tableaux. Et perdu. Si la morale, brandie à toutes les sauces cette semaine, a triomphé dimanche soir, c’est en Île-de-France où ce dégoûtant appel au vote ethnique et religieux a échoué. »

Point de vue des plus intéressants… Valérie Pécresse, « républicaine » atypique, élue grâce à d’inédits reports de voix du Front national et de Debout la République, contre un candidat finalement assez « nauséabond », pour reprendre la vulgate des médias dominants.

Et si c’était ça, le véritable front républicain ? La question est posée.

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