L’autre Ségolène du gouvernement, Mme Neuville, a remis à leur place les thuriféraires du revenu universel, qu’ils soient de (M. Valls, M. Hamon, Mme Lienemann) ou de droite (NKM, M. Lefebvre). Elle a rappelé que si on mettait dans un pot commun toutes les prestations actuellement versées sans avoir cotisé (allocations familiales, APL, RSA, bourses, minimum vieillesse, peut-être allocations ), on arrive à 300 € par Français. Soit 11 % du PIB.

C’est moins que ce que touchent les titulaires des minima sociaux et cela ne permettrait pas de vivre correctement. Pour arriver à un revenu bas mais « suffisant » (enfin, si on peut dire !) de 700 €, il faudrait supprimer toutes les retraites ! Et donc spolier 75 % des . Le gouvernement qui s’y risquerait serait balayé par les urnes. On comprend la colère légitime de ceux qui, touchant de 1.000 € à 3.000 € après avoir cotisé toute leur vie, seraient réduits à une vie étriquée. Et si, encore, on conservait les droits acquis et que la mesure ne s’appliquait qu’à ceux entrant sur le marché du travail (qui prendront leur 40 ans plus tard), les 700 € par mois versés sans conditions pourraient être placés et constituer un complément appréciable lors de la cessation d’activité. Mais non, c’est impossible ! Il faut impérativement confisquer les revenus actuels de nos aînés.

Si la croissance suit le rythme actuel (1,4 % en moyenne), comme 11 % représente le taux maximum du PIB que l’on peut prélever sans voler une catégorie sociale, il faudra 50 ans pour qu’on puisse instaurer un revenu « convenable » de 600 € mensuels. L’idée n’est pas absurde. Elle se mettra en place un jour, surtout qu’au vu de l’autonomisation des tâches, le nombre d’emplois disponibles va fortement chuter.

D’ici là, une réforme des minima sociaux est possible. Fusionner les diverses aides actuelles en une seule, n’avoir qu’un seul guichet comme interlocuteur générera 5 milliards d’économies. Mettre en place un impôt négatif, c’est-à-dire compléter les revenus de ceux qui font l’effort de travailler pour leur permettre d’atteindre un niveau décent, est également une piste à envisager et reste finançable. Le SMIC est bas. L’augmenter trop fortement risque de mettre notre à genoux, une solution est donc de le compléter par une allocation. Et n’oublions pas la cohorte des travailleurs pauvres, de ceux qui sont payés chichement et n’ont décroché que quelques heures par semaine.

La gauche, qui espérait rebondir voire gagner en 2017 en s’emparant du thème du revenu universel, doit déchanter. Lorsqu’on étudie sérieusement les conditions économiques actuelles, on s’aperçoit de son impossibilité. Et les Français sont opposés à son instauration à 62 %, si on en croit un sondage. Ils ont peur que l’on sponsorise la paresse même si, à 85 %, ils déclarent qu’ils continueront à travailler s’ils touchent l’allocation. On retrouve, ainsi, les chiffres du référendum de 2016 sur ce sujet.

15 novembre 2016

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