Vous allez voir ce que vous allez voir ! C’est ce que les candidats à la primaire de la et du centre nous disent. Chacun à sa manière : façon Walkyrie chevauchant son petit Kärcher pour l’un, plus sobre, mais aussi « plus régalien que moi, tu meurs », dans les colonnes de Valeurs actuelles, la semaine dernière, pour l’autre. Bref, comme on disait du côté de feu la gauche : « Au secours, la revient ». Il ferait beau voir, comme dirait Simone…

Ca, dans les faits, sur le terrain, dans la France d’en bas - pour reprendre l’expression consacrée par l’ineffable Raffarin -, c’est en réalité une tout autre limonade. Prenez, par exemple, le Vaucluse sur le dossier des clandestins de Calais - les migrants, selon la formule tout aussi consacrée. On est bien d’accord que M. Cazeneuve a annoncé que tous les départements, sauf ceux de l’Île-de-France et de la Corse, auraient droit à leur part dans l’opération de vidage de la « jungle de Calais ». Le Vaucluse étant rattaché à la France depuis 1791, on imagine aisément que ce département est aussi concerné par cette décision. « Gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte », écrivait Émile de Girardin.

Dans cet esprit, le groupe Front national au conseil départemental, conduit par l’avocat Hervé de Lépinau, a donc proposé, vendredi 30 septembre, une motion en assemblée plénière pour s’opposer à l’installation d’immigrés illégaux en Vaucluse, alors même que ce département est déjà frappé par la précarité, un chômage au-dessus de la moyenne nationale, une croissante et un communautarisme grandissant.

Que se passa-t-il ? Évidemment, la motion fut rejetée.

Bien sûr, par les douze élus de gauche (socialistes, écologistes et communistes). Une qui se cherche un nouveau peuple venu d’ailleurs, le peuple d’ici ne semblant plus l’intéresser. Du reste, dans la même semaine, le maire socialiste d’Avignon, Mme Helle, a rejeté une question déposée par les élus RBM sur le même sujet et réaffirmé son volontariat pour accueillir d’autres migrants, les premiers étant arrivés au printemps et installés dans une ancienne auberge de jeunesse – propriété du département - qu’il fallut remettre en état de toute urgence. Le président (apparenté LR) ducConseil départemental avait même précisé, à l’époque, que cela ne coûterait rien aux Vauclusiens puisque c’est l’État qui paierait. Comme un air de déjà-vu…

Et la « droite », dans tout ça ? Elle qui gouverne le département depuis avril 2015 au bénéfice, non pas du doute, mais de l’âge du président. Eh bien, elle a décidé de ne pas décider. Les douze élus LR et apparentés n’ont pas participé au vote de la motion. Patelin, le président du conseil départemental, Maurice Chabert, ratiocine, argue et tourne en rond en expliquant que ne pas participer au vote, "ce n’est pas s’abstenir. C’est un refus de vote. Les motions, c’est comme les sondages : on leur fait dire ce que l’on veut…" Effectivement, vu comme ça.

Prise en otage par la gauche, la majorité relative LR du conseil départemental de Vaucluse gouverne ainsi à la godille. En mars dernier, le budget de la collectivité fut voté par une minorité écrasante, c’est-à-dire par les seuls 12 élus LR et apparentés, la gauche s’étant abstenue, le Front national ayant voté contre.

En effet, les motions, c’est comme les sondages : on leur fait dire ce que l’on veut. Allons plus loin : les aussi, c’est comme les sondages - on leur fait dire ce que l’on veut. Du reste, plus de 51 % des Vauclusiens votèrent Front national aux élections régionales de décembre 2015. M. Chabert a-t-il compris ce que cela veut dire ?

Vous allez voir ce que vous allez voir, qu’ils nous disent. C’est tout vu. En tout cas en Vaucluse…

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1 octobre 2016

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