Discours - Editoriaux - Politique - 19 novembre 2015

La “civilisation humaine” de François Hollande

Dans son discours devant le Congrès, dont on peut penser qu’il a été réfléchi, lu et relu, notre Président a parlé de civilisation humaine. Notion tout à fait nouvelle, tout à fait nulle, et à vrai dire intéressante seulement parce qu’elle nous éclaire sur le fond (s’il y en a un) de sa pensée.

Chantal Delsol explique, dans Qu’est-ce que l’homme ?, que le mal peut venir de la séparation (le diable, diabolos, celui qui désunit) ou de la non-séparation (le chaos originel).

Le propos de François Hollande est cohérent avec le refus de toute distinction, de toute racine, cohérent avec le discours de Jacques Attali qui prône le déracinement, très proche en cela d’Attila.

Hollande et Attali souhaitent la non-distinction, le chaos. Derrière eux, rien ne repoussera.

Parler de civilisation humaine revient à dire qu’après l’élimination de Daech, nous serions tous hommes de la même civilisation, sans doute celle de l’écran plat et du fast-food, qu’il n’y aurait plus de différence entre Indiens et Brésiliens, entre Camerounais et Chinois, entre Anglais et Espagnols et, pendant que nous y sommes, entre Provençaux et Bretons. Je passe évidemment le fait qu’il n’y a déjà plus, non plus, dans sa politique de différence entre hommes et femmes ; sauf s’il s’agit de parité sur une liste électorale !

Disant cela, il parle comme ceux qui glorifient en même temps la diversité et le métissage, sans se rendre compte qu’ils sont incompatibles, parce qu’à moyen terme le métissage tue la diversité : la diversité se dissout dans le métissage, s’il est de grande ampleur.

Il se fait complice, par ce propos, de la destruction entamée par ceux qu’il prétend combattre. Nous ne défendons pas “la” civilisation, nous défendons la nôtre, sans agressivité ni mépris pour d’autres, qui ne sont pas la nôtre. Ces autres nous sont étrangères, et ce n’est ni un gros mot ni une insulte. Nous nous battons pour “notre” civilisation, celle pour laquelle tant de nos ancêtres se sont battus, et tant se sont fait tuer.

Ne pas comprendre cette différence, pour un président de la République, c’est à pleurer.

À lire aussi

Vaches à hublot : si on en parlait pour de vrai ?

Il est établi que les citadins savent tout beaucoup mieux que les autres, qui ne sont que …