À la veille de la Première Guerre, un duo de policiers du nord de la France, parfaits Laurel et Hardy benêts et maladroits, enquête sur la disparition de touristes dans la baie de la Slack. Au fil de leurs investigations, ils font la connaissance de pêcheurs/passeurs coutumiers du cannibalisme et d’une famille de bourgeois décadents au fils transsexuel, les Van Peteghem, venus là passer leurs vacances…

Absurde, outrancier, le dernier film de Bruno Dumont, à en croire ses références et son approche esthétisante, a tout d’une œuvre dadaïste. Pour autant, c’est dans le surréalisme que le range définitivement sa vision politique sous-jacente sur fond de lutte des classes.

Le réalisateur, qui – de crainte de leur être assimilé – se voudrait caustique à l’égard des bourgeois – raillant leur émerveillement touristique, très vite balayé d’un élitisme patenté – confirme en vérité leur vision méprisante et apeurée pour les « Dupont Lajoie » locaux. Ces derniers – affreux, sales, bêtes, et méchants –, dont le cannibalisme, semble-t-il, ne fait qu’annoncer, un siècle à l’avance, leur adhésion au Front national, auront de quoi conforter nos bobos parisiens dans l’idée que le peuple est décidément abject, rustre, et fécond de bêtes immondes… Car « populophobe », Bruno Dumont l’est sans aucun doute, avec tout ce que cela révèle de son rapport profond à la démocratie…

On se souvient, après tout, de La Vie de Jésus (1997), dans lequel le réalisateur, pourtant originaire de la région, dépeignait les habitants du Nord comme d’infâmes racistes, tout juste bons à copuler, picoler et agresser sexuellement les jeunes filles sans défense. Le film fut, bien entendu, récompensé d’une Caméra d’or au Festival de Cannes… Puis, en 2014, Dumont renouvela de plus belle sa « déclaration d’amour » pour le Nord lorsque la chaîne Arte – engagée, comme on le sait, dans la lutte contre les « préjugés » et contre toute forme de « populisme » – produisit sa mini-série P’tit Quinquin. Mini-série humoristique qui, à l’image du zoo humain d’autrefois, reposait pour l’essentiel sur les trognes de ses personnages (limite consanguins), sur leur phrasé pour le moins exotique et leur stupidité aussi primitive que congénitale. Et P’tit Quinquin fut salué par l’ensemble de la critique !

Comme si son discours pédant sur les prolos ne suffisait pas, Dumont nous gratifie en plus, dans Ma loute, de ses leçons de morale autour de la théorie du genre, avec l’air de justifier le travestissement d’un jeune mineur au nom de la tolérance et de la beauté présupposée de corps abstraits…

Enfin, l’humour de bande dessinée, à base de gags, de grimaces, de cris et d’onomatopées, s’il fonctionne à peu près au début sans jamais vraiment susciter le rire, se révèle vite éreintant, voire exténuant dès lors qu’entre en scène Juliette Binoche… Et bien que sa prestation soit remarquable et différente de son jeu habituel, on se demande pourquoi est allé se fourvoyer dans cette sordide affaire.

En fin de compte, Bruno Dumont livre un film fidèle à son petit milieu, et exclusivement destiné à celui-ci. Un film bien odorant, rafraîchissant, qui en dit long sur la métropole et le reniement de soi de ces provinciaux qui ont un jour eu la « chance » d’accéder à la lumière… Naturellement, le film fut cité trois fois à cette année, et encensé – comme il se doit – par la fine fleur de la presse « subversive » de gauche : Les Inrockuptibles, L'Obs, Les Cahiers du cinéma, , Libé

1,5 étoile sur 5 (pour la photographie)

https://www.youtube.com/watch?v=4lU1dR9X9VY

219 vues

5 juin 2016

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.