Mardi 11 février reprenaient, entre le président de la République chypriote et le leader turc du nord de l’île, des pourparlers en vue de mettre fin, peut-être un jour, à la division du pays. Peut-être un jour, car les deux parties en discutent depuis trente ans sans le moindre résultat. Cela n’est pas surprenant, du reste : Chypre est une île, qui plus est une petite île qui ne peut regagner nulle part le territoire que lui a volé la en 1974, et toute concession ne peut se faire qu’au détriment de sa déjà sérieusement entamée.

De même que la Turquie abreuve matériellement et protège politiquement sa colonie avec une vigueur presque hystérique, on aurait pu croire que l’Europe aurait été un soutien efficace et fidèle de l’État insulaire, surtout depuis que ledit État est membre de ladite Union. Et pourtant, non. Bien au contraire, la victime se retrouve obligée de négocier avec son agresseur parce que personne ne la défendra ni pour recouvrer ses droits, ni pour protéger ce qu’il en reste.

Le constat est tout de même surprenant : la Turquie, dont on discute l’entrée dans l’Union européenne, a envahi et occupe militairement le territoire d’un des pays membres de cette Union. Ce fait est unique dans l’ moderne et paraîtrait à quiconque comme une idée stupide. Allez donc demander à la Ligue arabe ce qu’elle penserait de l’adhésion d’ et vous aurez la seule réponse de bon sens possible à ce genre de situation.

Mais en Europe, c’est possible. Parce que l’Europe, c’est la , l’amour, le partage, le vivre ensemble, le progrès… et puis l’ouverture. Oui, l’Europe, c’est surtout l’ouverture, une sorte d’étudiante bien-pensante qui, pour couper les ponts avec ses bourgeois de parents, pour montrer comme elle n’est pas facho, se jette dans les bras du premier voyou venu. Il la méprise et la bat mais elle lui trouve toujours des excuses parce que c’est elle qui est coupable d’être riche et éduquée et parce qu’au fond, elle se hait elle-même, hait son passé et veut qu’on la punisse d’être ce qu’elle est.

Voilà pourquoi les Catherine Ashton, Barroso et Van Rompuy ne voient pas de problèmes à ce viol permanent infligé au plus vulnérable des États membres de l’UE. Avec quel empressement ont-ils reconnu la perte par la du , avec quelle répugnance s’obligent-ils aujourd’hui à siéger du côté des Chypriotes dans ces négociations qui pourraient aboutir à un État fédéral !

Pas étonnant que les pays musulmans voient les nôtres comme des filles faciles se donnant à qui veut bien les prendre. C’est bien ce que nous sommes, et si cela finit mal, peut-être le méritons-nous.

16 février 2014

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