Et de deux ! Après DSK, voilà Lagarde au Tapie, pardon, au tapis.

Toujours plus bronzée, toujours plus grande, toujours plus nez à piquer les gaufrettes, Madame Lagarde était pourtant arrivée mardi rue de Constantine comme à son habitude : tailleur strict et sourire bright.

Pour la quatrième fois, la patronne du FMI était entendue par la Cour de de la République en sa qualité d’ancien ministre des Finances ayant organisé le tribunal arbitral destiné à régler le litige qui opposait au Crédit lyonnais. Un « règlement » qui a conduit les contribuables français à verser aux époux Tapie la somme colossale de 405 millions d’euros, dont 45 de dommages et intérêts pour préjudice « moral », un adjectif qui fait beaucoup rire dès lors qu’il est accolé au nom de Tapie… On a aussi réglé au passage des honoraires colossaux aux trois « sages » constituant ledit tribunal arbitral, de bons radicaux de gauche comme Tapie dont deux fort âgés (MM. Bredin et Mazeaud), le troisième (M. Estoup) étant régulièrement en affaires avec l’avocat de Tapie, Me Lantourne. Soit un conflit d’intérêts évident sur lequel, à l’époque, on n’a pas cru bon de s’attarder.

On connaît la suite. Le tribunal arbitral a rapidement tribuné et arbitré, vous et moi avons banqué. Relevons néanmoins que, trois ans plus tard, était un citoyen insolvable, Le Canard enchaîné (26/09/2011) révélant alors à la France ébahie que l’homme d’affaires était toujours considéré en liquidation personnelle, c’est-à-dire en faillite…

Jusqu’à ce funeste 26 août, Madame Lagarde bénéficiait du statut de « témoin assisté » pour un soupçon de « complicité de faux par simulation d’acte », et « complicité de détournement de fonds publics ». Aussi infamante que soit l’accusation, elle lui convenait très bien. Mais après de longues heures d’audition, la grande Christine est repartie cette fois l’humeur noire : les magistrats de la CJR l’ont mise en examen pour « négligence ». Exactement au titre de l’article 432-16 du code pénal, qui s’applique « lorsque la destruction, le détournement ou la soustraction par un tiers des biens (ici les fonds publics) résulte de la négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ». Cela peut valoir un an de prison et 15.000 euros d’amende.

Aux journalistes qui lui demandaient mercredi matin si elle comptait démissionner, la patronne du FMI a répondu, très pincée : « Non. Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi. » Elle attendra sans doute qu’on la démissionne… comme son prédécesseur.

Me Repiquet, avocat de Madame Lagarde, est furibard. Il s’emporte contre la Cour de qui « n’a pas voulu prendre la responsabilité politique d’un non-lieu ». Et d’enfoncer le clou : « Je rappelle que nous sommes là dans le cadre d’un délit non intentionnel. » D’où l’on pourrait déduire qu’ayant en somme agi à l’insu de son plein gré, soit l’ex-ministre des Finances n’était pas en possession de tous ses moyens, soit elle agissait sous influence. Celle, par exemple, d’un président à talonnettes particulièrement excité.

Et si tel était le cas ? Et si, en cette affaire, avait été « aux ordres », docile exécutante d’une directive présidentielle, attendant en retour la gratification qui lui est échue après la chute de l’obsédé sexuel ? Avec des si…

Mais attendons la suite. Il sera, éventuellement, intéressant de voir si Christine Lagarde accepte de porter un chapeau un peu trop décoiffant pour son impeccable brushing.

29 août 2014

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