En tout, il y a deux manières de voir les choses. L’une est celle qui fait fi du détail insignifiant pour aller à l’essentiel : elle suppose un certain recul. L’autre est celle qui consiste à observer les choses par le petit bout de la lorgnette en gardant les pieds englués dans la boue.

En politique comme en , les fidèles sont à l’intérieur du système et n’échappent pas à la cérémonie incantatoire qui leur bouche les yeux et gêne leur capacité de réflexion. Les agnostiques ne refusent pas d’écouter la , mais ils gardent leur libre arbitre.

Il est facile de cerner la position de ceux qui, par crainte, par ignorance ou par conformisme, ne peuvent envisager l’avenir que dans la perspective d’une ligne établie et maintenue coûte que coûte.

Le meilleur des exemples nous est fourni cette semaine par Christophe Barbier dans son éditorial de L’Express. Selon lui, la « » aurait tout à gagner à réussir sa primaire, “événement politique majeur dans l’agenda prévisible de 2016”. La gauche aurait intérêt à s’affirmer en se reniant. Quant au Front national, qu’il s’évertue à nommer comme dans un hoquet l’« », il demeure le danger majeur, guetteur opportuniste des maladresses des vrais candidats.

Dans ce discours récurrent en forme de logorrhée « parkinsonienne », le peuple n’est évoqué que pour en dessiner le spectre « étrange » d’un interlocuteur inopportun et fauteur de troubles pour vote non conforme à la pensée unique.

La vérité est que le peuple, assoupi par les charmeurs félons qui depuis 40 ans l’ont ficelé avec une séduction perfide, leur mensonge permanent et l’instillation sournoise d’une irrationnelle, pourrait bien se réveiller et décider de se prendre en main. Il pourrait refuser de s’en remettre, une fois encore, à ces bonimenteurs hypocrites aux mains sales. Il a, d’ailleurs, commencé à le faire et confirme à chaque occasion le sens de cette évolution. Il pourrait ainsi se dire qu’il n’y a pas de fatalité à s’en remettre à Juppé (pour prendre un exemple qui les identifie tous), dont l’âge est plutôt celui de la , dont les convictions évoluent de façon aléatoire en fonction d’on ne sait quel vent mauvais, dont le passé judiciaire ne plaide guère en sa faveur et dont le logiciel n’est qu’une mauvaise garantie pour tous les vrais patriotes.

Dans un passé récent, messieurs Zemmour, Millet, Renaud ou Finkielkraut ont décrit toutes les mauvaises décisions des uns et des autres qui ont conduit au désastre que connaît notre nation. Mais leur positionnement ou leur engagement les a, d’une certaine façon, disqualifiés dans l’opinion orientée par les guides de la bien-pensance.

Il faut lire, aujourd’hui, ce que pense Malika Sorel-Sutter. Elle a le double avantage de raconter des choses qu’elle a vues et vécues de l’intérieur du pouvoir et d’être d’origine algérienne, ce qui lui ôte toute la suspicion dont les autres se trouvaient affublés.

Alors, 2016, année du peuple ?

9 janvier 2016

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