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Personne n’a oublié les propos de la directrice du FMI lorsque, interrogée l’an dernier au sujet de la dette grecque, elle s’était autorisée à dénoncer — sans prendre de gants — l’incivisme du contribuable. Comme si, de l’employé lambda jusqu’à l’armateur du Pirée, les Grecs n’étaient tous que d’affreux magouilleurs. Une tirade insultante mais surtout désastreuse sur la forme, compte tenu du fait que Mme Lagarde, fonctionnaire internationale payée sur le budget des États membres du FMI, est exemptée d’impôt sur sa propre rémunération de 550.000 dollars annuels…

Or, voici qu’à l’approche d’un éventuel défaut de paiement des États-Unis, Mme Lagarde n’a de cesse d’exhorter les responsables politiques américains à relever le plafond de la dette afin d’éviter une récession mondiale.

C’est à n’y rien comprendre. D’un côté, la serait contrainte de réduire sa dette au forceps tandis que de l’autre, les devraient absolument laisser courir la leur. L’explication est pourtant simple, qui illustre parfaitement la formule prononcée par Keynes peu avant sa mort : « Si vous devez à la banque quelques milliers de livres sterling, vous êtes à sa merci, mais si vous lui devez des millions, c’est elle qui est sous votre dépendance. » Une phrase qui donne tout son sens à l’intervention de la troïka – FMI/BCE/ – en Grèce, intervention qui a abouti à décharger les banques privées d’une grande partie de leurs créances douteuses sur ce pays, aux dépens bien sûr du contribuable européen.

Ainsi donc, Mme Lagarde, à qui certains prêtent l’ambition de devenir un jour la première femme depuis Anne d’ à diriger la , a donc bien choisi son camp, celui de la « finance » aux dépens de l’ réelle, celui des plus-values financières aux dépens du pouvoir d’achat, celui de ses amis banquiers aux dépens des générations futures.

Certaines mauvaises langues disent qu’elle doit principalement sa réussite à ses tenues vestimentaires et à son aisance dans la langue de Shakespeare. En voilà, une sottise ! Croyez-vous qu’il suffit d’être élégante et polyglotte pour réussir à vendre 48 chasseurs F-16 à une Pologne subventionnée par le contribuable européen ? Pour exhorter le très redouté secrétaire au Trésor Hank Paulson à voler au secours de Lehman Brothers avec l’argent du contribuable américain ? Pour accorder à ce parangon de moralité qu’est 45 millions d’euros au titre de préjudice moral, cette fois-ci aux frais du contribuable français ? Etc. Non, bien sûr ! La clé de cette insolente réussite est ailleurs, et les Français doivent la connaître. C’est une allégeance sans faille à un capitalisme cosmopolite dominateur dont le mot d’ordre non avoué est partout le même : privatisation des profits et mutualisation des pertes.

16 octobre 2013

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