Chômage : avons-nous tout tenté ?

« Les trois quarts des hommes ne s’occupent des choses nécessaires que lorsqu’ils en sentent le besoin, mais justement alors il est trop tard. » Par cette pensée, Napoléon dressait le portrait de ce que doit être un chef. Celui qui prévoit, ou plus exactement celui qui anticipe.

Hélas, notre Président n’a décidément pas cette qualité. Ce n’est que le nez devant l’obstacle qu’il réagit. Ainsi a-t-il fallu qu’il y ait deux séries d’attentats avant qu’il ne prenne des décisions concrètes. Et voilà qu’à présent, après quatre ans de présidence, il nous dévoile son plan d’« urgence » contre le chômage. Ne nous trompons pas, l’urgence, ce n’est pas le chômage, c’est la perspective d’une primaire à gauche.

Mais en fin de compte, ces mesures de circonstance sont-elles pertinentes ? Pour répondre, posons-nous la question : « Depuis trente ans, on a tout tenté ? Pourquoi rien n’a fonctionné ? »
Comme souvent, plus les questions semblent insolubles, plus les réponses sont simples. Parce qu’on n’a pas TOUT tenté !

Ce qui n’a pas été tenté ? Les solutions taboues.

1. Les six millions de travailleurs étrangers en France auraient un rapport avec le chômage français. Premier tabou : vision simpliste et xénophobe !

2. Rétablir les frontières, non pour les fermer hermétiquement mais pour décider quels secteurs ou quels emplois protéger d’une concurrence internationale insoutenable, voire déloyale. Deuxième tabou : vision frileuse et rétrograde !

3. Se rapprocher des systèmes allemand ou anglais pour indemniser moins certains chômeurs afin, soyons francs, de rendre parfois plus « motivante » la recherche d’emploi. Troisième tabou : vision inhumaine !

Nul besoin d’être un grand clerc pour comprendre que la remise en cause des accords de Schengen libérerait sur le champ des centaines de milliers d’emplois qui trouveraient preneurs, pourvu qu’on allège un peu les charges et incite un peu les chômeurs.

Nul besoin d’être un grand économiste pour comprendre que le rétablissement de nos frontières, non comme des murs mais comme des ponts où l’on peut contrôler les flux de marchandises, inciterait à rapatrier une partie de la production en France. N’y a-t-il pas un moyen terme entre une politique commerciale totalement ouverte et un protectionnisme à tout crin ? Veut-on créer des emplois ou importer du pas cher ? Faut-il ajouter que – en prime – nos comptes sociaux seraient assainis, notre balance commerciale redressée, un certain nombre de tensions sociales évacuées ?

C’est alors seulement, une fois ces tabous abattus, que les dispositions de baisse de charges, d’aide à la formation, etc., donneront leur pleine efficacité.

Hélas, je crains bien que tant que les socialistes ou les « Républicains » trustent et le pouvoir et la parole publique avec la complicité des médias, ces tabous seront savamment entretenus. Les grands groupes, qui financent et manipulent tout ce petit monde, ont tout intérêt à ouvrir grand les frontières et à mettre au maximum en concurrence les travailleurs ; les socialistes, alliés objectifs, entretiennent de la sorte un électorat d’assistés.

Quant aux coûts sociaux en découlant, ce ne sont ni les premiers ni les seconds qui les paieront, mais nos pauvres enfants à qui nous léguerons – honte sur nous ! – un endettement colossal.

Il est temps de se réinstaller une vraie démocratie.

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