Monsieur le député Mariani (UMP) a réussi, en un « tweet », à embrouiller l’affaire énorme de l’enlèvement de jeunes filles nigérianes par la « secte Boko Haram ». M. Mariani trouve déculpabilisant (pour « l’Occident ») de rappeler que l’Afrique « n’a pas attendu l’Occident pour pratiquer l’ ». Faut-il ouvrir un concours historique de la société esclavagiste la plus ancienne ? Une sorte de « Top esclaves »… Ce serait malin, ça !

On se mettrait à compter le nombre de fois où il est question des esclaves (et ce qu’on en fait) dans les tribus hébraïques dont la Bible nous raconte la tradition plusieurs fois millénaire ? Ou bien on exclut Socrate, Platon et quelques autres propriétaires d’esclaves (et d’abord, qu’est-ce qu’ils en faisaient, de leurs jeunes esclaves, les philosophes de nos manuels scolaires ?). On bannit Périclès, fondateur de la démocratie athénienne, laquelle repose sur des citoyens libres (de ne pas travailler, puisque les esclaves le font à leur place) ?

M. Mariani est à ranger sur l’étagère déjà vaste des embrouilleurs.

Ce qui s’est passé au Nigeria est un fait divers planétaire qui relève de la police internationale. Un groupe terroriste, après bien d’autres de toutes obédiences, cherche des financements. Certains, selon les continents, font ou ont longtemps fait dans la drogue ; d’autres dans les armes, la prise d’otages, le racket. La dernière secte « islamique » en vitrine verse dans le grand banditisme en inventant la rafle de lycéennes à vendre pour procréer. Pas plus à voir avec l’islam et le Coran que le travail forcé au Pérou ou la traite négrière n’eurent à voir avec les Évangiles et le christianisme.

Il y a mieux à faire avec l’Afrique que d’anathémiser un continent multiple et divers. Par exemple, inventer avec ses gouvernements une gestion des flux migratoires qui génèrent l’appauvrissement général, mirage empoisonnant pour les uns, et pour tous constitution d’une armée de réserve de chômeurs qui pèsent sur l’économie européenne, etc.

Pour le reste, la chasse aux bandits relève de la force policière internationale. Pas du règlement de comptes pseudo-idéologique ou de la manipulation intéressée de l’Histoire.

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