Editoriaux - Radio - Religion - Société - 17 février 2016

Charte de la laïcité à l’hôpital : reflet de notre société

Les historiens, lorsqu’ils étudient une civilisation, se penchent avec avidité sur les édits qu’elle émet. Ils apprennent ainsi beaucoup sur cette société, sur les problèmes qu’elle a rencontrés et sur la façon dont elle a essayé de les résoudre. Ils se régaleront avec la charte de la laïcité à l’hôpital qui vient d’être adoptée. Qu’on soit obligé de préciser, noir sur blanc, certaines choses, qui paraissent pourtant de bon sens, montre l’état de « déliquescence » de notre société.

La charte a été élaborée après une enquête effectuée auprès des 1.200 établissements de soin. Mais seuls 172 ont répondu. Que la laïcité soit parfaitement respectée chez les « muets » serait surprenant ! Bien au contraire !

La charte rappelle qu’une patiente peut exiger d’avoir affaire à une femme si le choix est possible. Mais qu’en cas d’urgence, ni elle ni son mari ni son père ne peuvent s’opposer à ce qu’un homme l’examine. Le Figaro nous livre des témoignages édifiants de médecins hospitaliers : des époux affirment ainsi que « si Allah veut qu’elle meure, eh bien qu’elle meure ! » ou même (paraît-il) « c’est pas grave, j’en ai encore trois autres à la maison »… Sans commentaire.

La folie religieuse peut mener très loin : une femme, suspectée d’avoir une tuberculose contagieuse et prise en charge par une doctoresse, a refusé de faire une radio car un homme aurait pu deviner la forme de ses seins en regardant le cliché ! Elle a fini par quitter l’hôpital au bout de huit jours sans qu’aucun acte médical n’ait pu être pratiqué !

Mais le corps médical peut également poser problème. Ainsi va-t-on interdire au nom de la neutralité à une chirurgienne de faire ses visites voilée comme elle le faisait d’ordinaire ! De plus en plus de jeunes étudiantes en médecine portent le foulard et prétendent ne vouloir s’occuper que des femmes pendant leur future carrière ! Le parfait apartheid sexuel est en marche !

Accessoirement, on retrouve la sempiternelle question de la prière au travail. Des soignants abandonnent leurs patients, le temps de leurs cinq ablutions rituelles. On peut néanmoins espérer qu’aucun d’entre eux ne le ferait si le malade risquait sa vie !

Pour être honnête, les autres religions posent aussi parfois quelques problèmes. Les Témoins de Jéhovah refusent toute perfusion, ce qui déclenche des guérillas juridiques lorsqu’il s’agit de sauver la vie de certains enfants. Des aumôniers catholiques démarchent indistinctement tous les malades, quelle que soit leur foi. Plus problématique, des médecins catholiques refusent l’avortement (ce qui, heureusement, est leur droit) mais n’indiquent pas à leur patiente le nom d’un confrère le pratiquant, ainsi que la loi les y oblige. Ils espèrent, ainsi, que le délai légal pour avorter soit dépassé.

Néanmoins, au final, l’islam est source de 95 % des incidents et cette charte montre que, désormais en France, existe un État mais deux peuples, et qu’il faut organiser la cohabitation entre les deux !

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