Le Président l’avait décidé lors de l’inauguration du nouveau centre interarmées de Balard, le Charles-de-Gaulle allait être redéployé avant la fin de l’année au Moyen-Orient. Cet ordre présidentiel bousculait le programme du porte-avions qui devait entrer prochainement en grand chantier de mi-vie.

Les attaques terroristes récentes à Paris ont immédiatement déclenché des actions aériennes de représailles qui ont visé le centre politique, sinon stratégique, de Daech, opérations qui se sont répétées. Ce qui laisse à penser que les raids effectués jusqu’alors ne bénéficiaient pas de la détermination, de la fréquence et de la puissance que le danger islamique aurait pu ou dû susciter. L’envoi de l’armada aéronavale concrétise, enfin, la volonté de monter d’un cran dans les offensives contre les l’État islamique et ses chefs qui ont commandité les terribles fusillades parisiennes.

Le porte-avions embarque deux flottilles composées de Rafale et d’Étendard, au total une douzaine de chasseurs qui vont doubler le potentiel français opérationnel. Lors du premier déploiement sur la zone, en février, ils avaient contribué aux bombardements, alors exclusivement sur le territoire irakien, durant huit semaines seulement. Depuis, et alors que le potentiel aérien tricolore est contraint, les chasseurs embarqués qui auraient pu demeurer sur le terrain en renfort de ceux de l’armée de l’air, sont retournés sur leurs bases terrestres hexagonales, en missions d’entraînement pacifiques…

À une économie de moyens va succéder - pour combien de semaines, cette-fois-ci ? - une campagne particulièrement coûteuse en matériels et en hommes. Outre le porte-avions, des bâtiments d’escorte de surface et sous-marins pour la protection ainsi que de soutien logistique sont nécessaires. Certes, il n’est pas impossible que des moyens étrangers (américains ou autres) viennent en appui comme lors du premier déploiement, ce qui ne serait que juste récompense des efforts faits par la France au bénéfice d’une Europe totalement démissionnaire.

Mais une idée extravagante vient au citoyen que je suis et qui brouille un tantinet le message que pourrait colporter, face à l’ennemi, et au monde, l’envoi du puissant « fleuron » de la Marine nationale. Le Charles-de-Gaulle part-il en campagne au profit de la sécurité des Français ou pour contribuer à celle du candidat à la présidence de la nouvelle région Bretagne, l’actuel ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ?

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18 novembre 2015

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