Être vacciné deviendra-t-il le 11e commandement ? Le Saint-Père vient à nouveau de se prononcer en faveur de la vaccination contre le coronavirus. « La semaine prochaine, nous commencerons à le faire ici [au Vatican] et j’ai pris rendez-vous, il faut le faire », explique-t-il, dans un entretien avec la chaîne italienne de télévision Canale 5, ajoutant même « il y a un négationnisme suicidaire que je ne saurais pas expliquer, mais aujourd’hui, il faut se faire vacciner ».

Que le pape François soit attentif à cette à l’arrêt qui frappe de plein fouet les plus pauvres, et qu’il veuille hâter cette sortie de , est évidemment à mettre à son crédit. Mais qu’il parle de manière aussi dogmatique du devient déroutant. Il y a peu de temps, il déclarait moralement acceptable des vaccins issus de cellules de bébés avortés. Ce week-end, il serait donc moralement inacceptable de ne pas se faire vacciner.

Jusqu’à preuve du contraire, le successeur de saint Pierre n’est pas médecin. Le rôle de l’Église consiste à nous enseigner la vie éternelle, la foi, la grâce, la prière, les sacrements et les commandements, mais pas cet hygiénisme permanent qui finit par devenir totalitaire. Après « aimez-vous les uns les autres », l’Église va-t-elle bientôt nous dire méfiez-vous les uns des autres ?

« Je crois que d’un point de vie éthique tout doit se faire vacciner, c’est un choix éthique, parce qu’on met à risque sa santé, sa vie, mais aussi la vie des autres », affirme-t-il. Après la protection de la vie, la fondée sur le mariage homme-femme, la liberté d’éducation, la protection sociale des mineurs, la libération des victimes des formes modernes d’esclavage, une économie au service de la personne et du bien commun et la paix, le vaccin va-t-il devenir un principe éthique non négociable ?

Quant à l’emploi des termes « négationnisme » et « suicidaire », les accusations sont extrêmement graves. Les personnes pragmatiques, soucieuses de s’interroger sur cette vaccination de masse ne méritent pas d’être traitées ou culpabilisées à ce point. D’autant que, comme nous l’écrivait un lecteur, si le vaccin protège effectivement les vaccinés, ceux-ci ne craignent rien à côtoyer un non-vacciné, voire un malade…

« Si les médecins le présentent comme une chose qui peut être bien, qui ne présente pas de risques particuliers, pourquoi ne pas le faire ? » Parce que d’autres médecins prétendent le contraire, et que ces risques particuliers n’ont pas eu le temps d’être testés dans la durée, Très Saint-Père. L’affirmer relève-t-il vraiment du négationnisme suicidaire ?

 

© Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

 

11 janvier 2021

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