Michel Houellebecq, l’auteur du remarquable livre Soumission, était jeudi à la une du Corriere della Sera. Et pour l’occasion, il n’y a pas été avec le dos de la cuillère dans ses critiques. Déjà, le titre donne le ton : « J’accuse Hollande et je défends les Français. »

On a compris que le texte ne fait pas dans la langue de bois. Dans cet article, il explique dans un premier temps que l’être humain s’habitue à tout, même au pire comme les attentats, et que si le 7 janvier, il était resté collé aux journaux d’actualité, au lendemain du 13 novembre, il n’a pas allumé son téléviseur. Mais l’intérêt de l’écrit réside dans ses appréciations, celles d’un écrivain « populaire » au sens littéral du terme : « La France résistera », dit-il. « Les Français sauront résister, sans devoir étaler un héroïsme exceptionnel, sans même avoir besoin d’un sursaut collectif d’orgueil national. »

En résumé, s’adressant directement au peuple de France, il utilise la formule anglaise : « Keep calm and carry on. » C’est-à-dire : « Sois calme et va de l’avant. »

S’ensuit une furieuse diatribe contre politique, tous personnages confondus, à commencer par notre Président bien-aimé et son Premier ministre : « Il est assez improbable que l’insignifiant opportuniste qui occupe le fauteuil de chef de l’État, de même que le débile mental qui accomplit les fonctions de Premier ministre, pour ne pas citer les ténors de l’opposition (LOL), se tirent honorablement de cette situation. »

Puis il cite les actions coupables de ces mêmes politiques : « Avoir fait des coupes sombres dans les forces de police, jusqu’à les réduire à l’exaspération, en les rendant presque incapables d’accomplir leur tâche. » « Avoir inculqué pendant des années l’idée que les frontières sont une absurdité dépassée, le symbole d’un nationalisme nauséabond. » « Avoir impliqué la France dans des opérations absurdes et coûteuses, dont le principal résultat a été de plonger dans le chaos l’ puis la Libye… en attendant que la même chose se produise en Syrie. »

Ensuite, il énonce les échecs : « Ces gouvernements ont échoué lamentablement, systématiquement, douloureusement dans leur mission fondamentale qui est de protéger la population française confiée à leur responsabilité. »

Enfin, l’écrivain affiche sa confiance au peuple de France : « Si les politiques ont échoué, la population française n’a échoué en rien… elle a toujours conservé sa confiance dans l’armée et dans les forces de l’ordre ; elle a accueilli avec dédain les prédications de la “gauche morale” sur l’accueil des réfugiés et des et n’a jamais accepté qu’avec suspicion les aventures militaires étrangères dans lesquelles ses gouvernements l’ont entraînée. »

Difficile d’être aussi lucide et courageux, difficile d’être aussi éloigné du système. Sa recommandation l’est autant : « Le discrédit qui frappe aujourd’hui l’ensemble de la classe politique est non seulement généralisé mais légitime. Et il me semble que la seule solution qui nous reste serait de nous diriger lentement vers l’unique forme de démocratie réelle, je veux dire la démocratie directe. »

Chapeau, M. Houellebecq ! Quel dommage que tous les intellectuels n’aient pas votre lucidité et votre courage…

20 novembre 2015

Partager

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.