Plus ou moins seul et abandonné au poste de premier secrétaire du PS, Olivier Faure s’interroge sur les mille et une manières de relancer la machine. « Et pourquoi pas changer le nom du parti ? » s’est-il demandé à haute voix.

Le capitaine du navire à la dérive cherche la vague qui l’emporterait au large… Peut-être le nom du bateau qui ne convient pas ? La couleur des rideaux, la forme des bureaux ? Dans les laboratoires de la gauche, les éprouvettes fument, les équations noircissent les tableaux. Non, décidément, le nom du parti est grillé, dessus dessous, plus présentable. « Je pense que ce nom est aujourd’hui mal compris, qu’il est rattaché à des mesures, à des époques, et qu’il ne dit plus ce que nous sommes devenus », constate Olivier Faure, au micro de France Inter.

À ces mots, celui qui incarne les mesures et les époques funestes évoquées plus haut arrive sur son cheval boiteux. 007. Cravate de travers. Œil de velours. Il a écouté France Inter fréquence Tulle, que plus personne ne bouge, il a une idée en béton. Une appellation qui va faire souffler le vent du renouveau, donner une autre image, faire oublier le passé, Leonarda, le scooter et tout ce qui s’ensuit. Attention, il livre le fruit de son inspiration soudaine, l’éclair de son génie : « SOCIALISTES ». Et voilà, voilà.

Un long silence gêné parcourt les couloirs vides du Parti socialiste. Dans les rues, les voitures s’arrêtent, les aéroports reportent les départs. décide de replonger Tulle dans un confinement strict. Couvre-feu permanent. L’inventeur doit être neutralisé.

Plus modéré, Olivier Faure demande à 007 s’il n’aurait pas un autre nom à proposer. Oui. Il a. « PARTI », par exemple, mais moins bien que « SOCIALISTES ». Sinon, les deux accolés. « Parti socialistes » avec un « S » au bout. Un nom qui s’exprimerait sous la forme condensée de PS avec un candidat enrobé pour le représenter aux présidentielles, un homme providentiel qui arriverait, mettons, de Tulle, ville confinée mais pépinière de talents, un gars qui aurait eu une première expérience… Et une campagne avec un slogan choc : « Il ne peut pas faire pire que la dernière fois. »

Alors qu’Olivier Faure se perd en conjectures, le héros corrézien chevauche déjà vers d’autres aventures. Des livres à signer, n’importe lesquels, il signe tout. Les Misérables, Madame Bovary, le Guide du routard, peu importe le papier pourvu qu’on ait le stylo. Telle est la devise de l’auteur inventeur, créatif en diable, proposeur de noms de partis. Devis gratuit. Travail soigné.

« Républicains » plutôt que « Les Républicains », « National » à la place de « Rassemblement national ». Ses idées fusent, le feu jaillit. François Hollande 007, bientôt de passage dans votre librairie. Entrée libre. Socialistes acceptés sur présentation d’un justificatif.

26 novembre 2020

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