Culture - Editoriaux - Médias - Politique - 27 novembre 2015

Chambres de bonne des beaux quartiers : lettre à Anne Hidalgo

Chère Madame,

Après la préemption d’immeubles et d’appartements à l’unité, la réquisition de centaines de milliers de mètres carrés de bureaux vides majoritairement situés dans des bâtiments haussmanniens ou Art déco, l’aménagement d’habitations provisoires au bois de Boulogne pour accueillir des clandestins (pardon, des réfugiés) ou encore les projets de surélévation d’immeubles, j’apprends avec jubilation que vous lorgnez désormais les 100.000 chambres de bonne vides des beaux quartiers pour atteindre votre objectif de 30 % de logements sociaux dans la capitale d’ici à 2030, tout en optimisant cette « mixité sociale » à laquelle vous êtes tant attachée. Et là, Madame, je dis bravo.

La locataire de HLM que je suis ne peut que se réjouir de voir enfin les familles bourgeoises de l’Ouest parisien goûter aux vertus euphorisantes du vivre ensemble. J’ose espérer que vous ne priverez pas vos amis bobos germanopratins, chantres de l’égalitarisme, d’un si vivifiant brassage de citoyens du monde. Car disons-le tout net : on s’ennuyait un peu, dans notre arrondissement vieillot de la rive gauche, avant l’implantation de la « mixité sociale », qui nous a gratifiés d’une animation urbaine et d’un enrichissement culturel de bon aloi : trafic de drogue, bagarres, voitures vandalisées dans les parkings transformés en lieux de fumette et en baisodromes, dégradations des parties communes, incivilités, défilé d’abayas, de boubous et de burqas… Bon, ce n’est pas encore tout à fait le Bronx, mais ça y ressemble furieusement.

Je songe à tous mes amis bien-pensants, de gauche comme de droite, qui arborent un air gêné et bredouillent quelques platitudes lorsque je leur conte cette nouvelle vie trépidante. Bien entendu, leur premier réflexe est de ne pas me croire. Mais quand je leur agite sous le museau des photos d’escaliers à peine repeints et déjà jonchés de flaques de pisse, de crachats et de détritus, quand je leur colle à l’oreille les enregistrements de voisines hystériques qui me menacent de représailles et me traitent, en hurlant, de “sale chienne, salope, sale pute” parce que j’ai eu l’outrecuidance de me plaindre de leurs nuisances récurrentes, quand j’évoque le cas d’une de mes voisines qui s’est fait séquestrer et frapper par une nouvelle locataire à laquelle elle était allée demander de cesser son vacarme, quand je brandis mes plaintes, mains courantes et pétitions, là, tout d’un coup, face à une avalanche d’arguments irréfragables, mes interlocuteurs, livides, changent de sujet. Mais attention, pas d’amalgame, hein !

C’est avec délectation que j’ai appris, de la bouche même d’un responsable résigné de Paris Habitat – que je suppliais de me reloger dans un lieu civilisé -, que même le très chic 16e s’encanaillait depuis que vous et votre adjoint Ian Brossat avez entrepris de casser les “ghettos de riches” en rachetant des immeubles vétustes pour les recycler en HLM. Ainsi, la rue de Boulainvilliers et certaines zones alentour sont devenues des repaires de dealers. C’est un bon début. Un peu de cosmopolitisme ou, mieux, deux ou trois djihadistes en provenance de Seine-Saint-Denis seront les bienvenus dans les combles des immeubles en pierre de taille pour dynamiter le bunker feutré de tous ces horribles électeurs de droite, qui ne s’émeuvent pas que la plèbe soit confrontée à l’insécurité ou aux brimades quotidiennes, convaincus qu’elle ne récolte que ce qu’elle mérite.

Surtout, continuez, Chère Madame, et ne lâchez rien, d’autant plus qu’hormis Claude Goasguen, rares sont les édiles parisiens LR qui tapent du poing contre votre politique. “Demeurer dans un arrondissement de droite ne vous garantira pas la tranquillité. Certains maires de droite ne valent pas plus que ceux d’autres sensibilités”, m’a récemment confié un adjoint LR de la mairie du 15e, dont le versant sud, colonisé par les ensembles sociaux, est un vivier de racaille. Bel aveu d’impuissance, non ? Et ne parlons même pas de la désinvolture des bailleurs sociaux, moins enclins à réprimer les fauteurs de troubles que ceux qui les dénoncent.

Quant aux médias, tétanisés par leur hantise de « stigmatiser », ils resteront à votre botte. Les Parisiens ont déjà eu un émoustillant préambule de ce qui les attend, lors des festivités du 14 Juillet dernier, où des dizaines de véhicules ont été saccagés. Le 93 comme si on y était ! Un jour viendra où, grâce à votre ténacité, Madame, tous connaîtront les joies des agressions verbales ou physiques, de l’islamisation rampante, du racisme anti-blanc. Et ce jour-là, je boirai du petit-lait.

Veuillez recevoir, Chère Madame, mes salutations distinguées.

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