Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’est prononcé dans un avis rendu le 1er juillet contre la légalisation de l’ et contre le « suicide assisté ». Il avait été saisi par l’exécutif suite à une proposition de loi déposée par Véronique Massonneau, députée EELV, sur le droit de mourir dans la dignité.

Inutile de dire que les conclusions du CCNE sont tout droit sorties du robinet d’eau tiède puisque, en refusant le « faire mourir », elles satisfont partiellement les anti-euthanasie, mais qu’en ne touchant pas au « laisser mourir » de la loi Leonetti, elles satisfont également partiellement les pro-euthanasie.

Pourtant, face à ce type de débat dans lequel l’éthique et la sensibilité de chacun est au cœur du problème, une chose serait bien plus adéquate que l’avis d’un « comité Théodule » : un référendum.

En effet, le droit de choisir de mourir dans certaines circonstances est un droit inaliénable auquel tout être humain devrait avoir droit. Face à une maladie incurable entraînant d’immenses souffrances physiques et morales tant pour le malade que pour ses proches, qui a le droit de dire qu’on ne peut pas abréger les souffrances dans un combat perdu d’avance contre la maladie ?

Qui peut affirmer que l’acharnement thérapeutique est plus éthique que l’euthanasie, alors que dans un cas on fait perdurer des souffrances, et dans l’autre on les supprime ?

Qui peut affirmer que l’« passive », qui consiste à arrêter les soins et à nourrir le patient, et qui a pour conséquence une mort lente et douloureuse tant pour le malade que pour ses proches, est préférable à l’« active » qui cause, elle, une mort rapide et sans douleur ?

Chacun d’entre nous a le droit de décider des conditions de sa mort le jour où il n’y a plus d’espoir, et ce n’est ni aux médecins, ni aux politiques, ni aux religieux de décider à notre place.

Qui peut dire que Vincent Humbert avait une vie digne et qui méritait d’être vécue alors que, suite à un accident de la route, il était devenu tétraplégique, aveugle et muet ?

Qui, parmi les lecteurs du livre « Le scaphandre et le papillon », peut affirmer qu’il est moral de laisser une personne frappée par le « locked-in syndrome » (« syndrome d’enfermement ») vivre comme un légume si celle-ci a demandé à mourir ?

De quel droit imposer aux autres des souffrances ? De quel droit imposer aux autres une vie qui ne mérite plus d’être vécue ? Au nom de qui ? Au nom de quoi ?

C’est pourquoi un référendum, dont la question consisterait à donner le droit à chacun de décider par écrit ce qu’il voudrait qu’il advienne en cas d’accident ou de maladie laissant des séquelles irréversibles ou afin d’abréger ses souffrances, serait une exigence éthique et démocratique.

Comme disait Voltaire dans Mérope : « Quand on a tout perdu, quand on n’a plus d’espoir, La vie est un opprobre et la mort un devoir. »

2 juillet 2013

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