L’Éducation nationale produisait récemment un document pour prémunir les élèves contre les théories du complot. Il y en a pourtant une qu’elle ne semble pas contester, celle qui fait parler i>Télé : 33 % des Français se sentent discriminés à l’embauche dont, précise Le Figaro du 15 février, les gros.

L’aspect pratique de cette théorie du complot dont on ne parle jamais, c’est qu’elle permet de trouver des causes à l’augmentation ancienne et constante du chômage. Des causes autres que, par exemple au hasard, le coût exorbitant des employés dont le licenciement est plus cher et difficile qu’un divorce ; ou l’ forcé de toute idée d’investissement dû au pillage du capital privé par des de type soviétique. C’est pas la faute du gouvernement, ni du socialisme mais celle des koulaks-racistes-xénophobes-sexistes (les épithètes s’additionnent depuis 1917), qui sabotent dans le secret les immenses réalisations de notre glorieuse du vivre ensemble.

Mais la vraie utilité de ce discrimino-complot est d’abord de s’exonérer soi-même de ses propres faiblesses. Les Noirs, les Arabes, les juifs, les handicapés se sentent discriminés, mais ça, c’est déjà complètement has been. Maintenant, on a aussi les gros, les vieux, les roux, les gauchers, ceux qui ont le vertige, ceux qui ont pas vu le dernier Star Wars, etc. Tout est bon pour imputer la disparition d’un événement favorable à la volonté maligne d’un « discriminateur » plutôt qu’à notre propre incapacité à s’adapter aux exigences de la vie. Cela nous donne un pays entier d’enfants mal élevés hurlant pour de nouveaux jouets.

Alors, évidement que la discrimination existe, mais cela fait bien longtemps qu’on a corrigé ses manifestations les plus systématiques et injustes. De la condamnation par saint Paul des repas séparés entre les anciens juifs et anciens païens dans les communautés chrétiennes à l’autorisation faite aux Noirs américains de pisser dans les mêmes latrines que les blancs, régimes purement vexatoires. Pour le reste, la vie est un choix : tu choisis de ne pas faire de sport et de manger du fromage à tous les repas, eh bien le recruteur choisit un vendeur qui mettra pas cinq minutes à monter un étage. Tu veux pas enlever ta casquette et perdre ton accent de cité ? Eh bah le patron veut pas que ses clients aient l’impression de se faire braquer leur téléphone. Aucune de ces situations ne t’autorise à te prendre pour Rosa Parks. Je dis pas que c’est bien, je dis que c’est la vie. Préfère-t-on vivre dans un monde où on pourra traîner son ex-amant devant les tribunaux pour vous avoir largué sans dûment justifier d’une raison non discriminante ? À l’heure de Tinder, ça risque d’être compliqué.

Je pose la question. La seule vraie discrimination en cours ne serait-elle pas celle des pleurnichards ?

15 février 2016

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.