Vieille obsession des partis : exiger une contrepartie des chômeurs indemnisés par l’État.

Dernier orateur en date, le chancelier de l’Échiquier George Osborne. Le ministre des Finances de M. Cameron s’est fait applaudir au récent congrès de son parti. Il annonçait (air connu) que les chômeurs de longue durée, sous peine de se voir supprimer les allocations, devraient « faire un travail utile, des repas pour les personnes âgées, ramasser les ordures, ou travailler pour une association caritative locale ». En somme, se distribuer à eux-mêmes des soupes chaudes et une tasse de thé.

De semblables mesures ont déjà été prises en Grande-Bretagne, en 2011. Sans résultats visibles évidemment (les ordures sont déjà ramassées, les repas sont déjà confectionnés pour les personnes âgées, etc).

Autre annonce récurrente : pointer les alcoolos et dépressifs, les obliger à suivre un traitement… On sait que c’est ainsi que le système britannique sort des chômeurs du système allocataire pour les ranger dans une case médicale, car « inaptes au travail ». Ils sont alors indemnisés a minima, livrés à la bière ou aux antidépresseurs. Très peu d’entre eux créeront un spectacle de strip-tease comme dans le film de Peter Cattaneo, « The Full Monty »

Le parti de MM. Cameron et Osborne s’inquiète surtout de la montée d’un parti « UKIP », très anti-, très anti-européen (et ça n’arrive pas qu’aux autres !). Risposte : « Reconstruire le soutien du grand public à l’État-providence en exigeant une contrepartie de ceux qui en bénéficient. »

Les discours des uns ou des autres sur ces salauds de chômeurs qui se déshabituent du travail et qu’on va forcer à bosser – merde alors – ne s’adressent donc pas aux chômeurs et ne visent pas à leur redonner le goût du terrassement, mais s’adressent à ceux à qui on demande, par l’impôt, de financer le traitement de la du capitalisme. Ils votent, eux.

8 octobre 2013

Partager
BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

Les commentaires Facebook intégrés aux articles sont désormais inactifs, nous vous invitons désormais à commenter via le module ci-dessus.

À lire aussi

Et ils n’ont rien trouvé d’autre que le bureau de Delanoë ?

Manquent plus que Mme Dati et la famille Tibéri pour reconstituer la ligue dissoute et pro…