Pour Julie Gayet, on a su par Closer. Pour Manuel Valls, on a appris par BFM TV. C’est pour cela, lit-on, que Jean-Marc Ayrault a dû prendre les devants et annoncer lui-même sa démission. C’est la fuite dans les médias qui l’a forcé à violer la règle.

Déjà dimanche soir, à son silence hébété devant les caméras, on voyait bien qu’il ne savait plus où il habitait… à Matignon ? Plus à Matignon ? À croire que lui aussi avait pris « un TGV dans le buffet ». Était tombé sans doute sur des photos du Président parlant dans le cou de Manuel Valls… Et pour ne pas être, lui aussi, congédié à la hussarde, il a sans doute préféré tirer sa révérence. S’il n’est pas désespéré, comme certaine, au point d’être hospitalisé, il nourrit de l’amertume. Pourquoi, sinon, aurait-il fait porter sa lettre de démission par son chef de cabinet au lieu de la présenter lui-même à François Hollande, comme c’est théoriquement prévu ? Et du reste, son cadavre de n’était pas froid depuis une heure que, déjà - un de ses conseillers l'a confié à une journaliste d’Europe 1 –, les « amis de débarquaient »… Comme Julie a pu se glisser dans les draps encore tièdes de Valérie, comme un nouveau locataire vient prendre la mesure des tringles à rideau le jour de la fin de la trêve hivernale et la veille de l’expulsion.

Cela ne se fait pas. Cela ne se fait pas mais ils l’ont quand même fait, comme souvent - ou plutôt comme toujours - dans un quinquennat qui rime avec goujat, dont on peut déjà prédire qu’à défaut d’avoir brillé par son efficacité, il restera dans les annales pour sa grossièreté. Le Premier ministre, donc, brûle la politesse au Président pour annoncer sans façon qu’il met les bouts. Dommage pour lui : selon celle qui fut son ministre du Commerce extérieur, la table est excellente à Matignon, en tout cas bien meilleure qu’à l’Élysée où, soyons clairs, la bouffe est dégueulasse.

Alors, ne regardons que cela. Laissons de côté un instant le chômage, les caisses vides, l’insécurité, la pression fiscale, sur lesquels ils peuvent à la limite prétendre ne pas avoir barre, se trouver des excuses, des circonstances atténuantes : l’Europe, la crise, le passif du quinquennat précédent, la concurrence des pays émergents (que sais-je encore…) et parlons du respect.

De ce respect qu’ils devaient à la France, de ce respect qui ne coûte rien et qui est le dernier égard que l’on a pour une vieille dame malade quand on est impuissant à la guérir. Oui, le respect, au moins, était à leur portée. Pour les manières, les façons, les usages, les précautions oratoires, la réserve, la dignité, pas besoin de lever d’impôt. Mais ils ne sont pas capables d’offrir seulement ça.
La présidence Hollande s’est installée en comme l’auto-stoppeur dans la bagnole de Coluche. Pourquoi se gêner ? Et nous autres sommes le benêt au volant qui, pour un peu, s’excuserait de ne pas avoir d’allume-cigare ni trois sous au fond des poches pour dépanner… Pourriez juste retirer vos pieds du tableau de bord pour qu’on puisse passer les vitesses ? Et dire qu’il reste tant de kilomètres à tirer avec ces mufles...

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2 avril 2014

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