Après la rencontre interreligieuse de Saint-Sulpice, le 6 février dernier, au cours de laquelle des sourates du coran ont été récitées devant l’autel - ce qui a suscité des chapelets de réparation devant Saint-Sulpice dans les jours qui ont suivi -, l’église Saint-André de Montreuil a connu, samedi 19 mars, une autre rencontre du même type. Organisée par l’association Ensemble avec Marie, cette rencontre se voulait « fraternelle, spirituelle et conviviale », mais réservée seulement « aux cœurs ouverts ». Elle s’est déroulée en présence de monseigneur Pascal Delannoy, évêque du diocèse de Saint-Denis, d’Ali Bourouine, responsable de la mosquée de Stains, mais aussi d’autres représentants catholiques et musulmans. Qui est la cheville ouvrière de ces manifestations, et surtout, doit-on s’attendre à d’autres rencontres du même ordre ?

L’association organisatrice, Ensemble avec Marie, est une émanation de l’association-communauté Efesia. Son président-fondateur Gérard Testard était interviewé, le 18 mars, au micro de RCF Châlons-en Champagne pour la présenter. Née en 2015, Efesia a pour vocation de développer « la culture de la rencontre dans un monde où on a du mal à aller vers l’autre qui est différent […] vers celui qu’on n’a pas envie de voir habituellement. Je pense aux pauvres, aux musulmans, aux immigrés. » La mission d’Ensemble avec Marie est « un mouvement qui est spirituel, populaire et citoyen. Nous avons une porte d’entrée spirituelle avec Marie, qui est notre figure emblématique, aimée des deux religions, et les musulmans viennent avec Marie. […] La finalité, c’est la paix, la finalité, c’est de vivre ensemble, la finalité, c’est la fraternité universelle, la fraternité chrétienne, c’est bien, la fraternité musulmane, c’est bien, mais la fraternité universelle, le nous y invite beaucoup. »

Il revendique également un mouvement parfaitement inséré dans l’Église – une délégation était d’ailleurs reçue à l’audience pontificale du mercredi des Cendres et assure travailler avec le cardinal Ayuso Guixot, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, mais aussi bénéficier du soutien de la Fondation de l’ de France et du bureau des cultes au ministère de l’Intérieur, « qui tient à ce qu’il n’y ait pas d’incident à ce type de rencontre ».

Il réfute tout syncrétisme, malgré le fait de faire lire des sourates du coran dans des lieux consacrés - exclusivement, mais c’est un pléonasme - au culte catholique : « Les rencontres sont faites de prières respectives, nous ne prions pas ensemble mais nous sommes ensemble pour prier, c’est une nuance très importante. » Il se montre par ailleurs peu avare d’approximations théologiques, « nous avons des interventions sur Marie, des témoignages sur Marie, quelques symboles de la lumière ou des gestes de paix, ça fait comme une cérémonie qui dure une heure et demie-deux heures, c’est très beau [...] Cette cérémonie est faite pour toucher le cœur avec le chant, avec les symboles, et toucher l’intelligence également car on a besoin de comprendre comment créer cette vie fraternelle […] Dieu sait s’il y a des choses qui nous divisent avec les musulmans mais il y a aussi des choses qui nous rapprochent, on peut s’enrichir les uns des autres, nous avons un même Dieu mais nous n’en avons pas du tout la même représentation, la même connaissance, donc partageons nos différences. » Un mouvement citoyen, car « il n’y a rien de pire que la division et la cristallisation dans l’entre-soi ». Suivez mon regard…

Ces deux dernières rencontres sont-elles de l’ordre de la péripétie, de l’anecdote symptomatique de la confusion qui règne dans notre société aujourd’hui, que ce soit la société civile ou l’Église catholique ?

Depuis 2015, 150 rencontres de ce type ont été organisées, dans 13 pays différents. Elles ont lieu dans des églises, dans des mosquées – la grande mosquée de Paris, celle de Créteil, de Brétigny, de Massy. Qui y vient ? « 30, 40 parfois 50 % de musulmans », répond-il. Les quelques vidéos disponibles donnent à voir, dans l’assemblée, beaucoup de têtes chenues. L’avenir de l’Église occidentale ?

De quoi ces rassemblements islamo-chrétiens sont-ils le nom ?

L’Autrisme dont parle Laurent Dandrieu dans son ouvrage sur L’Église et l’immigration semble être le maître mot de ces rencontres : « être témoin du Christ avec nos amis musulmans mais sans volonté de prosélytisme ». Comme une certaine forme de renoncement aux racines chrétiennes de notre vieux pays, un rejet de la différence fondamentale entre deux religions mais aussi deux civilisations. Une forme de capitulation, aussi, un abandon du devoir d’évangélisation de tout baptisé.

Samedi prochain, la prochaine édition aura lieu à Châlons-en-Champagne : départ de la mosquée Nour el- où seront récitées des sourates du coran, puis marche vers l’église Saint-Michel. Saint Michel, l’archange chef de la milice céleste. Tout un symbole.

22 mars 2022

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