Face au terrorisme, le devrait envoyer la cavalerie. Mais comme dans les westerns spaghetti qui ont nourri l’enfance confortable de nos dirigeant, elle risque bien de ne jamais arriver à temps. Car il y a plus simple. Une note de service, et hop : on transforme les policiers en cow-boys solitaires qui vont se promener colt à la ceinture.

Comment demander à nos policiers d’être en vigilance 24/7, même le dimanche en famille ? Car qu’est-ce que porter les armes hors service… si ce n’est une forme d’astreinte ? Quel sera le taux d’usure des effectifs policiers déjà soumis à un rythme effréné ? Que peut faire un homme en week-end, seul avec son pistolet, pour espérer se confronter sérieusement dans un combat de rencontre avec un commando armé d’explosifs, d’AK-47, voire de lance-roquettes ? Le policier hors service doit-il, en plus de son arme, disposer d’une liaison radio ? Avec quel commandement va-t-il se coordonner ? Sous quelle juridiction ? Quelles règles d’ouverture du feu ? C’est une décision de calcul politicienne qui ne coûte rien, inspirée par des technocrates inconséquents et soutenue par des syndicalistes démagogues. L’acte d’un mauvais élève pressé de faire quelque chose devant les caméras du monde entier alors qu’il n’a rien préparé. À ce compte-là, il serait plus sérieux de demander au million de chasseurs de patrouiller : ils manient régulièrement leurs armes en groupe, sur le terrain, et tirent plus souvent que la plupart des policiers !

Tandis que tous les policiers vont trimbaler leur revolver au ceinturon, la cavalerie, elle, reste plantée, comme assignée à résidence. Vingt ans après la suspension du service militaire, voici que cette armée configurée au format « OPEX », équipée des technologies les plus avancées, avec une puissance de feu redoutable, se retrouve « scotchée » devant des écoles primaires et des centres commerciaux.

Chaque année, un soldat grille des centaines de cartouches sur des pas de tir reproduisant les conditions d’engagement d’une unité, et plus encore en simulation. Chacun peut visualiser l’écart immense existant entre la puissance d’une compagnie d’infanterie et celle d’une compagnie de CRS. Ce qu’il faudrait faire, c’est juste l’inverse. C’est à la de monter la garde devant les écoles et de s’assurer de la des personnes et des biens, et à l’armée de manœuvrer pour neutraliser l’ennemi. Car on le voit, le bilan des engagements policiers n’est pas reluisant. Des milliers de cartouches tirées, des heures d’engagement et un risque d’émeute.

Nos politiciens sont pris au piège. En fait, le job de sentinelle est celui que l’on aurait eu à confier au contingent… En plus du formidable creuset que constituait le service national.

Pour séduire et pour plaire toujours plus, ils ont supprimé le service militaire en claironnant. Ils imaginent le rétablir au son du canon.

Mais, surtout, le pouvoir se méfie des militaires, ces gens un peu trop rigoureux, peu enclins à la compromission, et totalement insensibles aux petits jeux de la vie politique. La cote de popularité des armées est à un niveau record, tandis que de plus en plus de Français disent souhaiter un pouvoir autoritaire. La suite du raisonnement dans un prochain article…

20 novembre 2015

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