Je voudrais prolonger l’excellent papier de Dominique Jamet sur la responsabilité du peuple dans la que traverse la Grèce, en y introduisant - modestement - un peu d’analyse macroéconomique.

Qui sont vraiment les responsables du fiasco grec :

- qui « va au clash » avec ses créanciers, tout en se soumettant à un qui n’était pas gagné d’avance, ou ses prédécesseurs - qui, tous à l’époque, appartenaient aux mêmes groupes parlementaires qu’Angela Merkel et François Hollande - qui ont falsifié les comptes de la nation pour valider leur entrée dans la zone euro alors qu’ils n’en remplissaient pas les critères ?

- Les citoyens grecs lambda à qui aujourd’hui il est demandé de se saigner aux quatre veines pour rembourser, ou les banques (Goldman Sachs, BNP ou Deutsche Bank) qui, entre 1995 et 2008, ont largement encouragé le grec à s’endetter (en lui garantissant un placement indolore de leurs émissions), parce qu’à l’époque - du fait de la convergence des taux d’intérêt au sein de la zone euro - les obligations grecques étaient celles qui offraient la meilleure rentabilité (rendement + plus-value) ?

- Celui qui s'est décidé à acheter un Porsche Cayenne parce que son concessionnaire lui a offert un prêt à 5 % alors que du temps de la drachme, c’était au minimum 15 %, ou bien le lobbyiste de l’industrie automobile allemande qui s’est démené comme quatre à Bruxelles pour promouvoir l’entrée de la Grèce dans l’euro, parce qu’il savait qu’avec l’euro, les ventes de Porsche Cayenne allaient s’envoler ?

- Les Athéniens qui ont bondi de joie lorsque leur ville fut choisie pour accueillir les Jeux olympiques de 2004, ou ces entrepreneurs grecs, français et allemands qui ont gonflé la facture du coût de la corruption, rétro-commissions comprises ?

Depuis le début, la crise grecque nous est présentée tantôt comme une crise de la "légendaire" mal-gouvernance grecque - l’euro impose une discipline que les Grecs n’auraient pas respectée -, tantôt comme une crise spécifique à l'eurozone : le carcan d’une monnaie unique qui élimine une sortie de crise par la dévaluation. Les deux ont raison, mais passent à côté de l’essentiel.

Pour identifier l’origine véritable de la crise grecque, il ne faut pas s’enfermer dans ce qu’elle a de spécifique, mais au contraire dans ce qu’elle a de commun avec la crise des subprimes et, plus généralement, avec la crise de croissance dans tout le monde occidental, à savoir un endettement excessif. La question de fond qu’il convient alors de se poser est la suivante : pourquoi, depuis le début des années 90, a-t-il été si facile aux Grecs et aux autres de s’endetter et, surtout, pourquoi les taux d’intérêt ont baissé de concert avec l’augmentation de la dette alors que, naturellement, ils auraient dû remonter ?

Réponse demain sur Boulevard Voltaire...

97 vues

7 juillet 2015

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.