Le Guide Michelin est, depuis longtemps, un étalon de mesure incontesté dans le monde de la française, donc mondiale. En tout cas jusqu’à une date très récente. Quelques rares maestros de l’art culinaire, sur le sommet du podium, viennent d’en descendre une marche. La dernière « déchéance » concerne un établissement de Paul Bocuse, disparu il y a deux ans, qui vient de perdre une étoile.

Deux étoiles cela reste encore très bien, non ? Pourtant, on pourrait croire la nation en péril, tant la nouvelle a fait l’effet d’un coup de tonnerre médiatique, audible même au milieu du tintamarre généré par la réforme des retraites. Tout le monde s’y met : critiques gastronomiques, restaurateurs, y compris l’insupportable Veyrat qui voit là une réplique du séisme qui l’a atteint lui-même il y a peu et, avec d’autres, dénonce véhémentement rien de moins qu’une atteinte au français et un simple coup de com’ du guide qu’il voit en perte de vitesse. Il faut dire que, côté com’, il s’y connaît ; ce n’est pas une raison pour en voir partout.

Mais tous ces petits clercs vaniteux ont très bien su supporter l’attribution des étoiles du même guide, et ils n’ont jamais remis en cause, alors, la compétence des « goûteurs » Michelin comme ils le font maintenant. Pour eux, les étoiles sont sur une roue à cliquet qui ne peut jamais revenir en arrière.

Je ne suis capable, personnellement, que d’apprécier ou non un repas que je fais dans un restaurant, et surtout son rapport satisfaction-prix. Je ne m’érigerai donc pas en arbitre entre tous ces éminents acteurs de la gastronomie française qui s’offusquent de ne pas être au-dessus de toute critique. Les décorations, oui, l’épreuve du feu, non !

Mais je trouve singulièrement malhonnête cette attitude qui bénit l’encenseur et blâme le censeur. Pourtant, c’est le même.

20 janvier 2020

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