La catastrophe italienne expliquée aux bons Français

Arrivez à Milan par la gare Garibaldi ou la grande gare centrale. Vous n’êtes plus en Europe, vous n’êtes plus en Italie.

On voit une ville pauvre, une population clairsemée – et surtout remplacée. En sortant de Milan le vendredi soir, on ne voit sous le fameux brouillard (la nebbia) aucun embouteillage. La ville et le Nord ont perdu depuis l’euro toute leur industrie.

Au centre, le Duomo est orné d’une pub satanique, d’esprit Illuminati, le parfum Eros de la dynastie Versace. Il y a aussi Samsung. Cela n’empêche pas les autorités ecclésiastiques locales de réclamer treize euros pour monter voir les flèches. Toute la place est envahie de riches Pakistanais, Yankees et Chinois qui cherchent ici à acheter pour cinq mille euros ce qu’on achète pour trois mille ailleurs. Dès qu’on sort de la place, on est dans le désert.

Nous gagnons Côme. Toute la nature surplombant le plus beau lac du monde a été détruite par la sécheresse. Un vieux monsieur nous aborde avec des yeux bleus et une belle tête de lombard venu trop tard au monde pour célébrer le monde. Il m’explique que sa ville est passée de cinquante à cent mille habitants, dont aucun n’est italien ou même européen. Les abords du lac sont jonchés de migrants venus de Libye ou bien des Indes.

Les serveurs de restaurant aussi ont été remplacés. Je discute avec un jeune et vif Équatorien qui veut rentrer au pays. Nos frères latinos ne se sentent pas très bien en Europe ; non parce qu’elle est raciste, mais parce qu’elle est envahie. Eux aussi aiment bien vivre avec des chrétiens blancs, et ils ne comprennent pas non plus ce qui se passe.

Je laisse les descriptions touristiques de Torno ou Bellagio. La féerie sera pour une autre fois, a dit mon Maître.

On passe la nuit dans Côme, ville encore pas trop dangereuse. Le Duomo est illuminé par un machin de son et lumière néo-païen, hymne à la pseudo-nature et à l’écologie globalisée. Il n’y a pas de crèche ici non plus.

Quelques jours après, nous sommes à Gênes, dont la population a baissé de 30 % en une génération. Cette ville clochardisée est dangereuse : sa population vieillie s’est réfugiée sur les hauteurs du Castelletto. Les tribus vendent leurs fanfreluches ; elles ont fait fermer les commerces. Les restaurants sont vides. Une gentille libraire m’explique qu’il n’y a plus de Genovesi, que les Genovesi sont comme les Italiens : disparus. Allez à Prato, me dit-elle, cette ville renommée pour ses tissus au Moyen Âge (elle est citée par Dante, L’Enfer, chant XXV) est aujourd’hui remplie de Chinois. Il n’y a plus un Toscan ici non plus. Nous sommes en colère, dit-elle, arrabbiati.

Mais il n’y a plus d’échappatoire : les Italiens plus éveillés que nous votèrent jadis pour la Ligue, Berlusconi et Fini. Depuis, ils sont finis.

Nous entrons prier dans une église baroque, celle de l’Annonciation, gardée par de braves gens. Bombardée par les Américains, elle fut reconstruite par ses paroissiens – quand il y en avait.

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