Ça commence comme n’importe quel rassemblement de supporters d’une équipe de : dans les couloirs d’un stade, dont on devine les gradins alentour, quelques centaines de jeunes gueulent des slogans qu’on devine en relation avec leur équipe préférée. Il s’agit de jeunes Arabes, des adolescents pour la plupart, qui soutiennent l’équipe de Casablanca, au Maroc. Nous avons les mêmes chez nous.

Soudain, les slogans changent de ton. Et on entend très distinctement ces adolescents scander « Daesh ! Daesh ! » puis, quelques instants, plus tard « djihad ! djihad ! ».

Cela se passe au Maroc, un pays dont on se plaît à vanter la autrement raffinée qu’ailleurs, le pouvoir fort mais ferme avec les , les bonnes relations avec l’ancienne puissance tutélaire. Au Marocn où nos arrière-grands-parents n’hésitaient pas à s’installer avant-guerre, au hasard des carrières professionnelles, et où ils savaient trouver une douceur de vivre et un contact avec les autochtones plus aisé que dans les pays voisins. Au Maroc, une des destinations préférées des touristes français. À Casablanca, dont le seul nom suffit à dire combien la ville est marquée par l’influence européenne depuis des siècles.

Combien, dans cette masse hurlante, seraient prêts véritablement à partir combattre aux côtés des bandes de l’État islamique ? Lesquels de ces jeunes franchiraient le pas et, Kalachnikov en bandoulière, iraient faire le coup de feu contre les infidèles ? Une fois retombée l’excitation, largement attisée par l’effet de groupe et le de cette foule beuglante, il est probable que la plupart d’entre eux n’auraient aucune intention belliqueuse à notre encontre. La plupart… Il en reste donc quelques-uns. Et même une dizaine : c’est toujours trop.

Il y a 80 ans, quelques bandes d’excités criaient « Mort aux juifs » en cassant leurs vitrines. Peu de gens en Europe n’y ont vu autre chose qu’un excès de langage, n’ont compris ce qui sous-tendait ces brutalités bestiales. Il a fallu une décennie pour découvrir la réalité d’une idéologie monstrueuse.

Crier son soutien à l’État islamique en et au Levant, c’est se reconnaître dans les crimes de cette organisation, dans son discours de haine, d’extermination et de mort à l’égard des alaouites, des yazidis ou des chrétiens d’Irak et de Syrie qui ont le choix entre l’apostasie, la valise ou le cercueil. C’est proclamer haut et fort que l’islam combat les « infidèles », c’est-à-dire nous – entre autres. C’est revendiquer cette guerre sainte, annoncer qu’elle sera aussi portée au cœur de nos pays de vieille chrétienté, d’autant plus facilement qu’au nom d’une de combat, ils ont abandonné toute armature spirituelle.

L’islam est-il déjà vainqueur chez nous au point de nous rendre sourds à ces mortelles imprécations ? Nous a-t-il déjà anesthésiés assez pour nous rendre aveugles ? Personne n’a donc conscience que ces adolescents excités par le mot « djihad » peuplent nos cités, et crient la même chose dans les cages d’escalier, sur les places et les avenues de nos banlieues ? Sans doute, puisque la presse n’en parle pas. Pas d’amalgame, surtout…

Combien de temps tiendra la fiction d’un islamisme terroriste au Levant, et d’une de paix au Ponant ?

https://www.youtube.com/watch?v=cnk1hnO80Pg

3 octobre 2014

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