[CART SUR TABLE] Comment La France insoumise veut manipuler le blocus des lycées

Il n’est pas exclu que cette gauche puisse revendiquer, un jour, l’action révolutionnaire et la résistance violentes.
Capture d'écran X
Capture d'écran X

Depuis quelques jours, de nombreux députés insoumis apportent leur soutien au mouvement de contestation du blocage des lycées. Certains sont mêmes venus à la rencontre des lycéens, souvent très bien accueillis par des foules en délire.

Le mardi 29 septembre, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole sur le sujet, se disant fier « d'être aux portes des lycées pour défendre nos enfants de la sauvagerie policière ».

Tout laisse donc à croire que LFI pousse à l’escalade. Si le député LFI Louis Boyard a assuré que « le mouvement lycéen » devait « s’étendre », un autre député du parti, en l’occurrence Bally Bakayoko,affirme que la « violence peut être légitime ». Pour couronner le tout, le patron, Mélenchon en personne, s’en est alors pris au gouvernement. « Les lycéens en mouvement sont inoffensifs. Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident. Pas touche à nos jeunes ! Élus et militants insoumis, interposez-vous partout où vous le pouvez », écrit-il, sur X.

Cette présence de LFI n’est guère surprenante. Tout est pensé, réfléchi. Aussi, rappelons une chose que tous les sondages démontrent : il sera très dur de l’emporter pour LFI, si elle accède au second tour. C’est pour cela que certains affirment que le vrai objectif de LFI est de gagner le « troisième tour ». C’est-à-dire d’être le fer de lance de la contestation politique contre le candidat du centre ou du camp national, ce qui impliquerait un mouvement d’ampleur constitué de grèves, de manifestations, d'affrontements de rue, de « désobéissance civile » diverse, etc.

Ensuite, cette « contestation populaire » serait parfaitement accompagnée – comprendre orchestrée - par l’appareil politique de LFI, qui ferait alors rentrer dans la danse les jeunes issus des classes bourgeoises vivant en grandes villes. Le tout serait appuyé par les « sous-marins » de LFI dans la haute fonction publique, les médias, le monde universitaire, les syndicats, etc. À défaut de connaître le Grand Soir, nous avons plus de chances de connaître une période « chaude » de convulsions diverses, avec une contestation diffuse mais stable, rappelant davantage la période des années 1960 en Italie.

Mélenchon, le stratège

Sur le modèle de la révolution de 1905 – celle qui précède celle de 1917 -, pour LFI, chaque action sociale doit être l’annonce d’une réplique à venir plus forte. Déjà, en 2017, au moment de la grogne étudiante générée par la baisse de cinq euros des APL, le parti n’hésite pas à viser les universités et à appuyer la contestation étudiante. « On réfléchit à organiser des meetings de députés dans les facs pour étendre la mobilisation », explique, à l’époque, Éric Coquerel, alors député de Seine-Saint-Denis.

Un seul mot d’ordre : faire le maximum de bruit (au niveau national et local), avoir du contact physique avec les lycéens – de possibles électeurs LFI - et « montrer qu’on est là ». Cet activisme démonstratif fait bien évidemment partie d’une stratégie, électorale dans un premier temps, et surtout au long terme. Au-delà, encore, des terrains de lutte, c'est dans toute la société que le parti compte étendre la toile de son mouvement.

La France insoumise prend clairement exemple sur les lambertistes qui, après Mai 1968, avaient développé le concept de « répétition générale ». Tous les mouvements sociaux doivent être infiltrés, noyautés, et conduits pour que les « gains médiatiques » reviennent dans leur escarcelle. Ancienne du Parti de gauche puis de LFI, Corinne Morel Darleux avouait qu’une des raisons de son départ s’explique par le côté « vautour » du parti insoumis qui les pousse à se jeter aveuglément sur la moindre contestation. « Aujourd’hui, relate l’ancienne conseillère régionale, j’ai l’impression que dès qu’il y a un début de lutte quelque part, on fait un communiqué de soutien par réflexe. On a peu à peu perdu la discipline qu’on avait au PG. »

Partout, LFI doit être le premier parti qui a pris position ; le premier parti qui a soutenu ; le premier parti qui a initié l’élan ; le premier parti qui a qualifié de « lâches » les autres partis de gauche. Si la voie parlementaire ne permet pas de prendre le pouvoir ou qu’un parti comme le RN arrive au pouvoir, il n’est pas exclu que cette gauche puisse revendiquer, un jour, l’action révolutionnaire et la résistance par une réaction violente.

Picture of Rodolphe Cart
Rodolphe Cart
Journaliste et essayiste

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Cet homme est dangereux car il pousse les jeunes inexpérimentés et malléables à adopter des attitudes mortifères et pour la société et pour leur avenir!
    Comment un gouvernement sain mentalement peut -il tolérer de tels débordements de la part d’ une partie de la population qui coute ,aux contribuables français ,plus cher qu’elle ne lui rapporte!

  2. Il est clair que nous sommes la devant une répétition de ce qui se produira si le R.N. se retrouve au second tour de la présidentielle, je pense quand même que certains corps de l’Etat résisteront comme nos policiers et gendarmes insultés en permanence et accusés de tous les maux voire les crimes que d’ailleurs il nous faudra soutenir de quelques manières que ce soit mais il y a un autre corps dont on ne parle pas ce sont les militaires laisseront ils ces sauvages prendre le pouvoir et le contrôle de l’État ? Je me pose la question depuis quelques temps déjà.

  3. Tiens, tiens ! D’après Mélenchon, la répression policière aurait un « arrière goût raciste ». Doit-on en conclure, sans être traité soi-même de raciste, que les gentils émeutiers pacifiques seraient des « racisés » ?

Laisser un commentaire

Les fautes sur les pancartes résument tout l’échec de l’Éducation nationale