Le Carnaval est une période d’amusement qui précède le mercredi des Cendres, premier jour du Carême, période de quarante jours avant Pâques. Celui de Venise vient de se terminer et, à Paris, nous venons d’avoir le remaniement.

Ce remaniement est un carnaval : le roi a choisi ses turlurons (et -rondes) pour finir son mandat. Et là, il bat des records à tous points de vue avec une parité certes respectée grâce aux secrétariats d’État confiés à des femmes surtout, mais des ministères déstructurés, dont les domaines vont se chevaucher à l’exception des régaliens, et encore ! Car entre Valls, Urvoas et Cazeneuve, l’Intérieur va être plus mexicain qu’efficace ! La cour s’amuse et pense avoir réussi le grand écart des idées de gauche en finissant de détruire le parti des écologistes, en muselant le PRG de Baylet, et offre son bâton de maréchal à Placé, Coréen de service, Fleur Pellerin ayant été remerciée. Mais nous ?

Ce carnaval ressemble plus à la curée où les derniers de la meute viennent manger à leur tour, et qui seront le dernier carré d’Ubu, fait roi par défaut en 2012, incompétent mais intrigant sans cesse pour neutraliser les frondeurs, paralyser Valls, maîtriser Macron et continuer à régner pour régner, sans souci ni des sujets ni du royaume. Ubu veut être l’alternative à lui-même. Et là, ce n’est pas drôle, ce n’est pas carnaval. Et nous ?

Pour l’opposition, c’est plutôt le duel des ego mais sans idées constructives, l’un prenant le contre-pied de l’autre par calcul plus que par conviction. La primaire est devenue plus importante que l’élection elle-même. Et l’élection prime sur le programme. Et nous ?

Quant au FN, il semble vouloir garder son costume de Lucky Luke, pauvre cow-boy solitaire qui tire plus vite que les autres mais tient à être seul contre tous, sans essayer d’élargir son audience au sein de la droite républicaine mi-souverainiste, mi-mondialiste : ne rien changer pour perdre encore plus nombreux ! Et nous ?

Pendant ce temps, les paysans deviennent suicidaires, l’agriculture ne pouvant plus se contenter de perfusions financières, les conflits sociaux se multiplient, les enseignants se découragent, les forces de police et l’armée sont à bout de souffle, les terroristes se préparent, les migrants vont affluer et un krach boursier nous menace d’une crise. Les six millions de sans-emploi ne cotisent plus. Pendant ce temps, les pauvres gens souffrent et se maintiennent grâce aux impôts croissants de ceux qui en paient. Pendant ce temps, les toits font défaut aux sans-abri et les migrants couchent à l’hôtel, protégés par un système social auquel ils ne contribueront jamais. Pendant ce temps, les femmes vont se soumettre à un islam rampant de concession en concession communautaire.

Le roi ne doit pas oublier qu’il finit brûlé. Nous sommes entrés en Carême (on ne se gêne pas pour rappeler l’entrée en ramadan, alors…), période de purification, mais c’est se préparer au triomphe de Pâques. De là à prier pour un printemps français ? À nous !

Mais avec qui ?

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