Fustigeons d’emblée le qualificatif « récréatif » imparti au cannabis alors qu’à l’Assemblée nationale, des députés s’emploient à faire consacrer par l’usage ce qui s’apparente à un oxymore. Pour les porte-parole de la « mission parlementaires sur le cannabis », qui prônent sa légalisation (Robin Reda, Jean-Baptiste Moreau, Caroline Janvier & Co), loin d’un faux pas sémantique, ce choix délibéré illustre un procédé grossier par lequel un mot permet d’amoindrir voire même, comme ici, de dissimuler la réalité.

La récréation cannabique, c’est une toxicité physique supérieure à celle du tabac (qui tue annuellement, en France, 75.000 fumeurs et induit de nombreux handicaps). C’est une addiction dont les victimes ne peuvent s’abstraire et qui, souvent, y ajoutent d’autres drogues (poly-toxicomanies). Ce sont des grossesses abrégées, des nourrissons fragiles, de taille et de poids réduits, porteurs d’éventuelles malformations, avec un développement psychomoteur retardé. C’est, dans l’enfance, une fréquence accrue d’hyperactivité avec déficit de l’attention, des troubles du spectre de l’autisme. C’est, à l’adolescence, une vulnérabilité aux toxicomanies, à la schizophrénie, à des difficultés cognitives et à des déficits de l’immunité… Le cannabis est la drogue de la crétinisation, affectant des trajectoires intellectuelles qui auraient pu être favorables ; une drogue qui fait stagner ses victimes dans des statuts des plus modestes, voire des assistés à vie. Cette drogue du renoncement, de l’aboulie, du syndrome amotivationnel, sévit à la période où il faudrait être très performant dans la compétition internationale pour éponger notre abyssale aggravée par le Covid-19. C’est une drogue qui tue sur la route ou dans des activités professionnelles ; qui rend auto-agressif (suicide) ou hétéro-agressif (bouffées délirantes) ; qui induit des dépressions de l’humeur (avec le suicide en embuscade), qui induit, décompense ou aggrave la schizophrénie (qui, dans 10 % des cas, conduit à une mort brutale). C’est une étape de l’escalade vers d’autres drogues, dont les morphiniques et leurs overdoses mortelles. Qu’y a-t-il donc de récréatif dans tout cela ?

Le ministre de l’Intérieur, , a courageusement utilisé le mot qui caractérise cette drogue en rappelant la traduction du mot shit, qui désigne la résine de cannabis ; il a déclaré « que l’on n’allait pas légaliser cette merde » et a engagé, enfin (par cet « enfin », je voudrais conspuer ses prédécesseurs), une action déterminée contre les hauts lieux du deal.

Le président de la République, après des années de tergiversations, vient de s’exprimer plus clairement sur le sujet : « À l’inverse de ceux qui prônent la dépénalisation généralisée, je crois que les stups ont besoin d’un coup de frein, pas d’un coup de publicité… » « La France est devenue un pays de consommateurs. » Il souhaite mettre en place un « grand débat national sur la consommation des drogues et ses effets délétères ».

Ces désaveux cinglants exprimés par le ministre de l’Intérieur et par le président de la République devraient inciter le ministre de la (Olivier Véran) à s’excuser d’avoir œuvré pour la mise en place de la « mission parlementaire sur le cannabis » (c’était, alors, avec la bénédiction du Premier ministre qui, longtemps avant, s’était déclaré en faveur des «  »). N’étant pas consommateur de cannabis, notre mémoire vive nous permet de ne rien oublier de ces fauteurs de troubles toxicomaniaques et de veiller à ce que ces conseilleurs coupables deviennent un jour les payeurs.

Nos éminences de la mission parlementaire sur le cannabis (cf. supra) devraient maintenant faire précéder d’un « dé » le terme « mission » (démission) et déclarer que, par fidélité au Président que leur parti soutient, ils vont dissoudre cette calamiteuse mission. S’ils s’y refusent, ils peuvent toujours demander à leurs suppléants de siéger à leur place sur les bancs de l’Assemblée.

La « consultation citoyenne » qu’ils ont conçue pour épauler leur dessein de fut un « bide » complet. Ils comptaient sur l’appui du million et demi de cannabinophiles que compte, hélas, notre pays. Or, seuls 250.000 de nos concitoyens se sont manifestés, dont 20 % d’entre eux ont exprimé leur opposition à cette légalisation.

5 mai 2021

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