Editoriaux - Politique - 17 mars 2019

Candidatures de personnes handicapées : l’appel de Sophie Cluzel aux partis politiques

À l’approche des élections européennes au mois de mai prochain, Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, souhaite que des personnes en situation de handicap puissent être présentes sur les listes des différents partis politiques du pays, en position éligible, et lance un appel en ce sens.

Plusieurs millions de personnes sont, aujourd’hui, handicapés dans notre pays. Celles-ci sont, on le sait, trop souvent insuffisamment représentées dans les différentes assemblées. À l’Assemblée nationale, par exemple, un seul député sur 577, Damien Abad (LR), est en situation de handicap. Les handicaps sont parfois invisibles, il est vrai, mais en l’occurrence, c’est surtout les handicapés qui sont invisibles au sein de la classe politique. Comme tout un chacun, les personnes handicapées sont aussi formées et sans la prise en compte de cette compétence, alors, nous ne sommes pas une société totalement inclusive.

Consciente, à l’évidence, de ce problème récurrent, le ministre déclarait ainsi, sur la matinale de Public Sénat, le 8 mars dernier, à l’attention des partis politiques : “Je vous en prie, retenez-les sur une liste.” Une fois n’est pas coutume, ce volontarisme ministériel est à saluer car, jusqu’à maintenant, les élus s’était préoccupés de la question de l’inclusion scolaire ou encore de l’emploi, mais jamais ils n’avaient pris à bras-le-corps celle de l’inclusion politique. En effet, il y a un retard à rattraper en la matière. Avec près de dix millions de personnes handicapées dans notre pays (soit environ 15 % de la population), on peut tout à fait normalement se poser la question de la légitimité d’une classe politique dans laquelle une partie non négligeable de la population ne se reconnaît pas forcement.

Il faut davantage de diversité, c’est une évidence. Qu’en sera-t-il, vraiment ? On pourrait, au moins, imaginer un texte d’engagement moral pour la promotion des militants handicapés. Dans cette perspective, il ne serait pas absurde que le législateur passe de la déclaration d’intention à l’action en conditionnant, à l’avenir, les financements publics au respect des engagements pris en faveur de l’intégration des personnes handicapées dans la vie politique.

Quoi qu’il en soit, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Espérons que cet appel de la secrétaire d’État puisse enfin impulser une nouvelle dynamique dans les politiques publiques et une réelle prise de conscience de nos responsables politiques.

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