Alain Juppé, Xavier Bertrand, François Fillon, François Hollande, Nicolas Sarkozy… la liste des candidats naturels ou proclamés pour les élections présidentielles de 2017 s’allonge chaque trimestre de nouvelles figures charismatiques, compétentes, immolées sur l’autel de l’intérêt général, scrupuleusement honnêtes et pleinement conscientes de la gravité des enjeux nationaux et internationaux. Les temps exceptionnels nécessitent pourtant des hommes véritablement hors du commun, des génies qui incarnent presque miraculeusement leur siècle, des héros "quelque peu fabuleux", pour reprendre l’expression du général de Gaulle. Aujourd’hui, cet homme providentiel ne saurait être que Valéry Giscard d’Estaing, comme l’indique cet incroyable élan qui embrase les réseaux sociaux à la vitesse d’un feu de garrigue : Giscard 2017 !

Si cette candidature s’impose d’elle-même, c’est avant tout parce que Valéry Giscard d’Estaing a toujours été un précurseur quasi prophétique. Sur le plan de la politique économique, VGE est l’homme qui a ouvert la France au charme de la financière lorsqu’il était ministre des Finances de Georges Pompidou. On lui doit, en effet, la fameuse "loi Rothschild" de 1973 qui oblige la Banque de France à emprunter aux banques privées, loi qui explique pour partie notre dette abyssale. L’ancien président est aussi un spécialiste incontesté du chômage de masse puisque au cours de son septennat, entre 1974 et 1981, le nombre de demandeurs d’emploi a été multiplié par dix. Aucun de ses concurrents ne peut rivaliser avec un tel bilan et il en va de même pour sa politique éducative. Par sa loi Haby de 1975 qui créa le collège unique, il a initié la longue marche qui a fait passer la France du podium des meilleurs systèmes scolaires mondiaux au top 50 des systèmes les plus coûteux et les moins efficaces.

En termes de progrès sociaux et sociétaux, la suprématie du bilan de VGE est également indiscutable. On le sait, bien sûr, promoteur de ce nouveau qui voit en l’enfant le principal ennemi de la femme, mais il fut aussi un des géniteurs de cette nouvelle qui se préoccupe davantage des droits des criminels que de la sécurité des citoyens. Cerise sur le gâteau : VGE fut également le grand précurseur de la nouvelle politique migratoire française. Par un simple décret signé en 1976 portant sur le regroupement familial, VGE substituait aux flux migratoires professionnels une migration de peuplement, massive et incontrôlable. Chacun, aujourd’hui, s’emploie à reconnaître que ce fut un grand bienfait pour la France, notamment en termes de cohésion nationale et de paix civile. La décision fit, d’ailleurs, à ce point l’unanimité qu’elle n’a jamais été remise en cause par ses successeurs. Ajoutons que notre chantre libéral-libertaire prit l’initiative d’une relance de la construction européenne qui nous permet aujourd’hui d’apprécier la suave félicité du paradis bruxellois.

À ces arguments politiques s’ajoutent ceux qui ont trait à son exceptionnelle personnalité. Notons tout d’abord que VGE est à la fois énarque et polytechnicien - profil idéal pour présider une nation qui vénère les technocrates. D’autre part, notre homme d’expérience a conservé intact son charme irrésistible. S’il a su séduire aussi bien la princesse Diana que l’empereur Bokassa, il saura courtiser efficacement Angela Merkel et les princes qataris sans pour autant faire courir à la France le risque du ridicule : VGE n’a plus l’âge, en effet, de parader sur un scooter avec femme ou maîtresse. Enfin - atout ultime –, VGE est un Auvergnat, ce qui le qualifie idéalement pour conduire les politiques de rigueur souhaitées par l’Union européenne. Et comme il n’est ni gay ni Guyanais, les Français pourront même continuer à plaisanter à son sujet sans risquer la prison ferme.

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21 août 2014

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