Culture - Editoriaux - Religion - Santé - 8 octobre 2014

Candidats djihadistes : une épidémie pas tout à fait comme les autres…

« Ces familles françaises sous l’emprise de Daech » titrait hier Le Figaro : « Les projets belliqueux d’adolescents sont découverts chaque semaine en France. Aucun milieu social ni culturel n’est épargné. »

À le lire, on croirait que « Daech » est un virus H1N1 qui a fait irruption en France sans crier gare et frappe au hasard. La prochaine fois, on casera l’État islamique dans les pages Santé, à côté de la colonne « Ebola ». Pour ne pas froisser, fâcher, montrer du doigt, il convient de dire que tout foyer français peut être touché. C’est la fatalité. Personne n’y peut rien. Ne reste plus qu’à croiser les doigts. Pourvu que la petite en 3ème B ne s’avise pas de partir en Syrie, avec ses bagues sur les dents et son agenda Violetta.

Sauf que cette épidémie-là n’est pas tout à fait comme les autres. Elle n’est pas tombée du ciel et ne s’attrape pas en touchant la barre du métro. Et comment lutter si on continue à se raconter des craques ?

Aucun milieu social ni culturel n’est épargné… mais certains sont de toute évidence moins épargnés que d’autres : Sur le millier de Français candidats au djihad, « 21 % sont des convertis » selon le procureur de Paris François Molins. Donc, près de 80 % sont d’origine musulmane.

Aucun milieu social ni culturel n’est épargné… mais si l’on apprend qu’un seul des manifestants de dimanche a rejoint Daech, j’offre la tournée à tous les lecteurs de Boulevard Voltaire ! Et c’est pourtant cette jeunesse-là que forces de l’ordre et renseignements généraux, durant de longs mois, se sont épuisés à courser, fliquer, ficher, verbaliser pour port de sweat déviant… quand les autres, gandoura et barbe folle au vent, gambadaient, libres comme l’air, attendu, bien sûr, qu’on ne peut pas courir tous les lièvres à la fois.

Aucun milieu social ni culturel n’est épargné… mais les convertis, les témoignages du Figaro le montrent, sont toujours de famille d’origine catholique devenue athée. La nature a, dit-on, horreur du vide. Nos curés n’ont pas voulu évangéliser les nouveaux arrivants, mais ils n’ont pas su non plus garder leurs ouailles « locales ». Il croyaient sincèrement qu’en prêchant une religion toujours plus light et moins exigeante, ils les feraient revenir, mais voilà que ceux-ci filent vers une foi ô combien plus aliénante, toute faite de rites tatillons. Allez comprendre.

Christiane Taubira veut créer des centres de déradicalisation. Comme au Danemark, sans doute, où un programme « seconde chance » permet à des apprentis djihadistes de recevoir soins médicaux et psychologiques. Remboursés par la sécurité sociale, peut-être ? La vérité est que l’on avait, il n’y a pas si longtemps, des centres de déradicalisation préventifs. On appelait ça le service militaire. On pouvait y acquérir – sauf à mal tomber – l’amour du pays et la fierté d’être français que l’on n’avait pas appris à l’école, les joies viriles du combat sans partir tuer quiconque en Syrie.

Aucun milieu social ni culturel n’était épargné… c’était toute une classe d’âge qui était passée au peigne fin, observée à la loupe, et un adjudant sagace aurait eu tôt fait de signaler un comportement suspect. C’est quand même bête.

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