Candidats au djihad : une circulaire du rectorat de Poitiers “pose problème”…

On vient d’apprendre que le rectorat de Poitiers a fait une boulette. A dérapé, comme l’on dit. Le Parisien évoque une circulaire qui « pose problème » et « suscite un certain émoi ». En effet, cette circulaire, qui « a pour but d’aider les enseignants à détecter les élèves en phase de radicalisation religieuse, ne vise que l’islam et repose sur un certain nombre de clichés et de généralités, selon Mediapart, qui a rendu public ce document ».

Nommée « Prévention de la radicalisation en milieu scolaire », elle entend sensibiliser les enseignants à certains signaux d’alerte comme « une barbe longue non taillée (moustache rasée) », un « habillement musulman », une « perte de poids liée à des jeûnes fréquents », un intérêt particulier pour l’histoire des débuts de l’islam, une exposition sélective aux médias, une « rhétorique politique » concernant la Palestine, la Tchétchénie, l’Irak.

Le syndicat SNES-FSU parle de « caricature grossière », de « simplification outrancière », de « racisme pur et dur » ; le syndicat UNSA, de « termes maladroits » : « Il a manqué une relecture avant diffusion. » Najat Vallaud-Belkacem, interrogée sur le sujet, demande, elle, « une amélioration des mots utilisés ». Bien sûr, il aurait fallu que le rectorat « relise ». « Améliore » les mots. Et trouve des termes « adroits »… mais lesquels ? On se gratte la tête.

Le Parisien, faisant écho à Mediapart, évoque, parmi ce qui « pose problème », le fait que cette circulaire ne vise QUE l’islam. C’est vrai. Soyons « adroits ». Visons donc une autre religion. Au hasard, la radicalisation religieuse… catholique. Terrifiante. Mortifère. Avec ses médias fanatisés et va-t-en-guerre : KTO, Radio Notre-Dame. Des voyages répétés au Vatican, à Lourdes devront conduire à une grande vigilance. Sans parler de « l’habillement catho ». Une trop grande addiction à la marque Cyrillus, une médaille de la Vierge jaillissant de temps à autre du col de la chemise alerteront le professeur. Oui, soyons « adroits ». Au risque d’être grotesques.

Oui, il faut bannir « le racisme pur et dur ». Mais à quel endroit cette circulaire est-elle « raciste » ? Est-il question de tenir à l’œil les élèves de telle origine ? Non. Simplement de relever des signaux, comme on peut demander aux professeurs de repérer des yeux injectés ou une chute des résultats scolaires, signes d’une addiction à la drogue.

Oui, il faut « améliorer » les mots. On pourrait dire « poils follets sur le menton » et « empathie solidaire pour certaines causes de par le monde ». Ce serait adroit, non ? Pas très clair, mais « adroit ». Mais le plus adroit, pour le rectorat, serait encore de ne rien écrire. De se laver adroitement les mains. Pas de bafouille, pas d’embrouille. Et pour les profs, de détourner le regard. Avant peut-être, dans six mois, devant la télé, sur le canapé, de mettre un grand coup de coude dans les côtes de leur moitié : « Dis-donc, celui-là, avec le bonnet noir et le grand sabre, je le reconnais, je l’avais en seconde ! Ben, tu vois, ça ne m’étonne pas. »

Améliorer adroitement les mots, c’est un objectif que ce gouvernement poursuit sans relâche depuis des mois. Avec un certain succès. Quel dommage que la réalité ne soit pas qu’un mot.

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