Après un premier livre, Rebâtir la France, paru en 2015, vous venez de publier un second ouvrage, Rebâtir la France, le projet présidentiel. Si vous deviez présenter votre projet présidentiel, quel serait-il ?

D'abord restaurer notre confiance en nous-mêmes et en notre pays pour enrayer la spirale de déclin. Pour cela, reprendre l'initiative dans tous les domaines, en commençant par la intérieure et extérieure, aujourd'hui très compromise, et qui devient la clé de tout redressement.

Ensuite, initier le processus de restauration de notre cohésion nationale par trois référendums visant, le premier à établir une charte nationale d'éthique fondée sur notre civilisation et notre histoire, le second à interrompre l' pour une durée suffisamment longue qui sera mise à profit pour fixer les règles de l' de ceux qui voudront devenir français, le troisième à reprendre notre souveraineté nationale car une nation ne peut s'épanouir que si elle est responsable de ses choix fondamentaux.

Sur ces bases, il faut "libérer les énergies de la nation", d'abord ses énergies économiques, mais aussi toutes les énergies dont la France regorge. Pour cela, dégager les moyens financiers de la construction de l'avenir, donc réduire drastiquement la dépense publique et l'orienter vers l'investissement, résorber notre dette suicidaire, et réformer l'État pour en réduire le coût et le mettre réellement au service des citoyens.

Enfin, investir dans l'avenir, essentiellement dans une véritable familiale, une restauration de l'enseignement et la responsabilisation de tous.

Quelle place voulez-vous donner à la famille ?

La France n'a pas d'avenir sans ses familles ! Elles procèdent à la pérennité physique de la nation, elles sont le premier lieu de civilisation, de solidarité, et même le premier agent économique d'un pays. Il est vital de placer la famille, conçue comme "matrice de la nation", au cœur de notre politique. La politique familiale doit absolument être considérée comme un investissement de très long terme, le plus fécond qui soit pour la nation, sa pérennité, sa vitalité, sa prospérité.

Le rôle premier de l'enseignement, qui est une responsabilité des parents, est de concourir au développement intégral de chaque enfant. S'il doit préparer le jeune à son avenir professionnel, il doit d'abord transmettre et instruire, ouvrir à l'autre et à l'univers, donner les clés de la communion à l'autre et à l'univers. Restaurer l'enseignement est aussi nécessaire pour la cohésion, donc le bien commun, de la nation.

Le citoyen français peut-il, à nouveau, se faire entendre ?

La responsabilisation est une condition de la dignité personnelle. Elle consistera d'abord en la transformation des aides sociales stérilisantes en ascenseur social. Mais elle comprendra aussi l'approfondissement de notre démocratie par l'application systématique du principe de subsidiarité qui veut que les décisions soient prises au plus près du citoyen, et chaque fois que possible par le citoyen lui-même.

Mon projet vise aussi la fonction présidentielle. Clé de voûte de la nation, le Président a pour première mission de tisser sans cesse de l'unité et de l'amitié entre Français, en focalisant son attention sur les plus pauvres et démunis. Il ne doit pas tout faire, tout décider, mais "voir loin" pour fixer et tenir le cap, et il doit dynamiser et fédérer les énergies.

Votre projet ouvre la voie à de nombreuses réformes. Comment jugez-vous notre époque ?

Nous vivons une époque exceptionnelle, avec la fin d'un demi-millénaire qui a vu l'homme occidental se couper peu à peu de toutes ses racines, de toute transcendance, de toute raison fondamentale de vivre et de mourir. Cela ne pouvait que déboucher sur les immenses drames humains du 20e siècle et sur le nihilisme et le relativisme ambiants, après lesquels il ne peut y avoir que résurrection ou disparition définitive.

Et c'est une résurrection qui va se produire : nous ne vivons pas une "droitisation" de la société, mais un retour aux fondamentaux, au bon sens fondé sur l'observation de la nature de l'homme, et un retour à la "transcendance" comme source, explication et finalité ultime de la vie. Étant donné les forces adverses en présence, ce retour aux fondamentaux s'exprimera de manière conflictuelle. Il porte les uns, assoiffés de certitudes et d'idéal, à s'engager pour le djihad. Il pousse ceux qui refusent l'avènement de ce nouveau monde à nous faire "changer de civilisation", celle qu'ils nous proposent étant tout sauf humaine.

Le 21e siècle tout entier sera celui de cette friction entre un monde qui disparaît et un autre qui naît. Mais il portera aussi une grande fécondité et une merveilleuse espérance pour la France et pour toute l'humanité. C'est à nous de le vivre, et c'est une chance immense en même temps qu'une responsabilité très importante, que personne ne prendra à notre place. C'est de nous, Françaises et Français de 2016, que dépend sans aucun doute la pérennité de la France, sa paix, l'expression de sa vocation universelle à servir l'homme ; notre vocation collective est exceptionnellement grande et belle.

Mon général, êtes-vous candidat à la présidence de la République en 2017 ?

Candidat à la présidentielle ? Pourquoi pas… Si la dynamique actuelle continue, ce sera un devoir patriotique.

Propos recueillis pas Florian Toumit

27 février 2016

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