S’occuper de la santé des n’est pas une mince affaire, et il semble que s’occuper de la santé des jeunes homosexuels est encore plus compliqué. Bref, le 1er décembre étant la journée internationale de et lesdits homosexuels étant particulièrement concernés, chacun s’active pour leur agiter sous le nez et au pied du lit des signaux clignotants rouges : « Attention, sexe = danger ! »

Avec une élégance et une finesse que nous avons soulignées ici, notre ministre de la Santé nous a offert la semaine passée une leçon de choses sur Abribus. En trois affiches, un petit guide de la rencontre pour les hommes qui aiment les hommes sur le thème « s’aimer, s’éclater, s’oublier ». On ne sait combien nous a coûté la plaisanterie, mais à l’évidence elle n’a guère convaincu au-delà de ceux qui l’ont initiée, à savoir Yagg et les militants LGBT, qui voient dans l’affection qui les touche un signe que la « nature » serait, elle aussi, homophobe…

Pendant ce temps, l’épidémie galope. Ainsi, une étude de la firme Durex® révèle que « près de la moitié des 16-35 ans » interrogés par ses soins ont affirmé estimer que « le VIH n’était pas quelque chose qui 
pouvait les atteindre », cela alors qu’« un jeune est affecté par le VIH toutes les 30 secondes ». Certes, ce sont là des statistiques mondiales, mais les Français ne sont pas épargnés.

Que faire, alors ? Il y aurait bien une solution, à calquer sur la campagne anti-tabac : comme on exhibe désormais sur les paquets noirs des images de langues bourgeonnantes de tumeurs et de poumons goudronnés, pourquoi ne pas nous offrir des membres virils en chou-fleur, des chancres épanouis, des pustules et des sarcomes ? Mais, là encore, de même que les fumeurs se moquent bien des images gore sur leurs paquets de clopes, il y a fort à parier que la galerie des horreurs médicales dues au SIDA serait tout aussi inopérante.

Alors Durex®, l’ami de nos nuits blanches, « l’un des acteurs sur le marché du bien-être sexuel », a eu une idée qui pourrait faire l’unanimité. Au terme d’un mondial (Grande-Bretagne, États-Unis, Brésil, Chine, Inde 
et du Sud), lancer sur la planète un émoji signifiant « sexe sans danger ». Voilà donc le #CondomEmoji qui devrait bientôt figurer dans tous les mobiles :

condom

C’est une nécessité, dit la firme qui se fonde sur ces données :

Plus de 60 % des interrogés ont admis être mal à l’aise lorsqu’ils abordent le sujet des rapports sexuels protégés. 72 % des répondants admettent qu’ils trouvent plus facile d’exprimer leurs émotions à l’aide d’émojis et plus des trois quarts affirment qu’ils utilisent des émojis afin d’aborder le sujet des rapports sexuels…

La campagne a d’ailleurs reçu le soutien de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) par la voix de son directeur général : « La sensibilisation vis-à-vis des relations sexuelles protégées reste un défi mondial important. Nous soutenons la campagne de Durex qui a pour but d’aider les jeunes à penser à se protéger. À l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre le SIDA, nous appuierons cet effort pour accroître la sensibilisation aux risques liés aux rapports sexuels non-protégés. »

Espérons qu’à défaut de plomb dans la cervelle, cela leur mette au moins un peu de caoutchouc dans le pantalon.

Enfin, il me semble que cette idée phare de la « culture main street » – les émojis comme vecteur essentiel de communication – mérite d’être creusée. Changeant de champ d’action, on pourrait en effet y avoir recours pour simplifier tout à la fois les slogans de campagne et l’identification des candidats dans la présidentielle qui nous agite. Le débat ayant déjà sombré dans le manichéisme et la caricature les plus imbéciles, la « reductio ad émoji » me paraîtrait une solution adaptée au problème des médias…

Candidat de droite :
droite

Candidat de gauche :
gauche

Candidat du Front national :
fn

Candidat écolo :
ecolo

Etc.

29 novembre 2016

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