Cambadélis a commis un livre. À ce titre, il a été l’invité de ONPC. Certains personnages, même de premier plan, sont si insignifiants que leurs frasques ou leur ridicule ont rarement l’honneur des éditoriaux. Cambadélis est de ceux-là. Il respire l’ennui des apparatchiks de parti et la poussière des arcanes de la rue de Solférino. Il faut rien moins que lui adjoindre la charmante Léa Salamé pour en faire un sujet qui tienne la route.

Vous me direz des insignifiants grotesques et ridicules, au PS, c’est leur spécialité. Cambadélis n’a-t-il pas succédé à Désir Harlem, et ne dit-on pas que Dray Julien pourrait en être aussi ? Et qui aurait dit, naguère, que les Français se donneraient un jour le premier secrétaire François Hollande pour chef suprême et que Sarkozy s’offrirait un retour au devant de la scène ?

Tout insignifiants qu’ils sont, ils n’en passent pas moins à la télé et font le buzz, avec la complicité des chroniqueurs, hommes-sandwichs de l’émission. Nous avons donc vu le sieur Cambadélis mentir comme un arracheur de dents et s’embrouiller dans ses explications. Le FN n’a jamais promis d’expulser quatre millions de Français musulmans ! Comme toujours au PS, ils s’amusent à nous faire peur en racontant n’importe quoi.

Cambadélis n’en est pas à sa première. Il faut dire qu’avec le nom qu’il porte et l’allure qu’il se donne et le parcours qui fut le sien, et cette habitude qu’ils ont au PS de s’appeler par leurs petits noms et de se faire des bisous sur la joue, on s’imagine assez bien du côté de la Sicile. Dans Le Parrain, à la place de Brando, Camba ferait très bien.

Cambadélis-Désir-Dray, ça ne vous rappelle rien ? Ces gens se réclamant de l’antiracisme qui volèrent l’argent des étudiants ! Rajoutez-y Valls qui fut salarié de la MNEF, et Strauss-Kahn qui en a été l’avocat, et voilà toute la famille du trotskisme et du libéralisme réunie. Le socialisme, n’est-ce pas comme une immense Cosa Nostra, la grande fraternité des arracheurs de dents, ou comme l’Oumma, miséricordieuse avec qui fait allégeance et intraitable avec les mécréants ?

Je n’ai rien contre les costumes de coupe italienne ou les vieux monsieurs enrobés ou ceux qui plaquent vers l’arrière le peu de cheveux qui leur restent. Cambadélis est très antipathique, non en raison de son physique mais par ses manières, ses choix vestimentaires, son mode de vie. Ils sont de plus en plus gros au Parti socialiste. Ils aiment les grands restaurants et la bonne chère. Ils adulent le veau d’or et honorent le veau gras. Comme de bons bourgeois d’autrefois.

Entre Cambadélis et Salamé, le plus tordu n’est pourtant pas celui qu’on croit. Je ne sais pas si Mme Salamé est socialiste, mais une chose est sûre : elle n’aime pas le FN. Son insistance à distinguer les Français musulmans, fussent-ils de papier, paraît comme un encouragement à naturaliser tout le monde, soit le coup de pied de l’âne au programme frontiste : quand tous les étrangers, légaux et illégaux, seront français, ils seront inexpulsables.

De grandes régularisations sont à attendre. Il faudra bien ça pour éviter la déroute électorale aux sociétalistes. Qu’importe la guerre civile et la France mise à feu et à sang par eux. Les bourgeois, n’est-ce pas comme les cochons ? “Plus ça devient vieux, plus ça devient (gros et) con” (Jacques Brel).

16 septembre 2015

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