Calais, Hollande n’y a jamais mis les pieds. Et pour cause : 4.500 dans la jungle, au mois de juin, selon le recensement de l’État. Plus de 9.000, soit une augmentation de 2.000 personnes par mois depuis cette date, selon L’Auberge des migrants et Help Refugees.

Des commerces illégaux que la justice refuse de fermer, des immondices amoncelés amenant les rats, des agressions, des vols, la prostitution, des rixes entre ethnies allant jusqu’à la mort, des No Borders qui mettent le bazar : dans la jungle de Calais, c’est l’enfer. Un enfer qui se poursuit au-dehors, sur l’autoroute A16, où des migrants, prêts à tout pour rejoindre l’Angleterre, prennent d’assaut les camions, avec une violence allant crescendo. C’est un enfer, aussi, pour les habitants, tout proches, de plus en plus en colère. Mais ils sont impuissants. Car le démantèlement de la jungle sud n’a strictement rien changé à une situation déjà cauchemardesque. Entre la concentration, augmentée par principe de vase communicant, de la zone nord et les arrivées quotidiennes de migrants venant d’, Calais est de nouveau au bord de l’explosion.

« Ce qui se passe […] est proprement ahurissant […] En plein état d’urgence, ce campement constitue un angle mort pour la nationale », prévient un officier des CRS, « il est impossible de savoir si un djihadiste issu de , par exemple, s’y cache”. D’autant plus que, la semaine dernière, rapporte de son côté une policière, « entre la France et l’Italie, un fiché S a été repéré parmi un groupe d’une dizaine de migrants”. Bah, un de plus sur 20.000…

Détecter les profils à risque demeure une exigence absolue, déclare pourtant le directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Et comment fait-on donc, face à des individus déboulant de partout, par centaines en même temps ? Qui n’ont pas toujours leurs papiers, qui racontent ce qu’ils veulent, qui peuvent mentir ? Eh bien, on ne fait pas : « La logistique est, de toute façon, totalement débordée », avoue un commandant des CRS. Comme à Menton.

Calais, ça ressemble à une expérience en laboratoire qu’un savant déjanté mènerait à son point culminant. Il l’observe, il prend des notes et, à intervalles réguliers, il retranche ou ajoute quelques sulfureux ingrédients : il sait qu’elle va exploser, c’est juste une question de temps. Il y est préparé, il attend patiemment. Peu lui importe lesquels d’entre eux déclencheront l’explosion car, en réalité, cette expérience va lui permettre de tester, précisément, sa capacité à la juguler, cette explosion.

Un attentat dans la jungle ? Un soulèvement des migrants ou des riverains et routiers excédés ? Les deux… les trois ? Une chose est sûre : en dépit de la menace terroriste réelle dans le camp de la lande, « Calais ne dispose plus que d’un millier d’hommes pour affronter des problèmes d’ordre public absolument dantesques », confirme le délégué du syndicat UNSA-. 1.000 hommes à la rescousse de 127.000 habitants, c’est pas beaucoup…

13 août 2016

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