On imaginait l’homme insomniaque, hanté par un remords lancinant qui ressuscite la faute dans un éternel présent. Défait par le scandale, dévasté par sa culpabilité, on pensait alors que Jérôme Cahuzac se tenait, au lendemain de ses aveux, au bord d’un funèbre précipice.

Prenant un air déconfit et sur un ton caverneux, ses proches confiaient sans ambages qu’ils craignaient fortement pour sa vie. Ça pouvait donc très mal finir. Mais voilà que le drame s’est transformé en farce. Cahuzac n’a pas eu le temps d’enfiler les habits de Lady Macbeth que l’animal politique est revenu à la charge. Et vendredi, c’est un Cahuzac sûr de son bon droit qui a affirmé son intention de reprendre son mandat de député, comme l’autorise la réforme constitutionnelle de 2008.

La mauvaise conscience l’a donc fait souffrir le temps d’un entracte dira-t-on. Ses mains sont bien vite redevenues blanches. Il faudra qu’il pense à fournir l’effaceur moral miraculeux à Lady Macbeth qui continue, en vain, à frotter la tache indélébile de son irrévocable faute.

Pour l’ancien chirurgien esthétique, son argent ou sa conscience, c’est du pareil au même : il maquille, ravale et blanchit.

Or, devant le mur de la contradiction, le lessivage ne prend pas. Sa fonction de député qui le fait représentant du peuple, et sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale sont deux choses irréconciliables. Le même homme ne peut pas recevoir la confiance du peuple et en même temps la trahir. C’est irrecevable sauf à jeter le discrédit sur l’ensemble de la classe politique. Et le reconnaître ne revient pas à hurler avec la meute des enragés mélenchonistes de la purification moralisatrice qui brandissent, tels des robespierristes forcenés, la loi sanguinaire des suspects. Mais plutôt à sauvegarder l’éthique de responsabilité qui est le moteur principal d’une démocratie logique avec elle-même.

9 avril 2013

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