Il est « amusant » de constater que la dissimulation de quelques statues de Vénus pour la venue du président iranien à Rome déclenche plus de bruit médiatique que les décapitations ou bombardements, sur le Yémen, de nos alliés saoudiens.

Comparaison n’est pas raison, certes. Il ne s’agit évidemment pas, là, de justifier la décision absurde du musée du mais de relever la vitesse avec laquelle les s’emparent d’une information servie sur un plateau d’argent, sans recul ni commentaire.

Il est facile de critiquer l’Iran et son islamisme, il semble nettement plus délicat de le faire avec l’allié saoudien, qui interdit pourtant toute religieuse… et artistique.

On voudrait entretenir une détestation de l’Iran en instrumentalisant une exaspération populaire que l’on ne s’y prendrait pas autrement…

En second lieu, il convient de répondre avec intelligence à la question : qui blâmer pour une telle décision, évidemment condamnable ? Il est un peu facile d’accabler le président iranien - sans doute critiquable par ailleurs, là n’est pas la question.

Difficile de savoir exactement d’où est sortie l’idée de recouvrir ces nus. Hassan Rohani affirme qu’il n’avait jamais demandé une telle mesure à l’Italie. Le journal italien Corriere della Sera affirme, quant à lui, citant des sources iraniennes, que les statues n’auraient pas obtenu l’aval d’une inspection préalable de la délégation diplomatique iranienne.

Les deux explications sont compatibles en réalité, l’élève étant bien souvent plus zélé que le maître : les sbires du président ont pu refuser ce qu’il n’aurait jamais pensé à réclamer.

L’Italie a couvert ses nus et gardé son vin à la cave, alors qu’il suffisait - au pire - de dire non.

Ces nus et ce vin sont parties de notre sublime civilisation et il ne viendrait à aucun politique occidental l’idée de les réclamer lors d’une visite à Téhéran : libre à eux, donc, de les imposer chez eux. Un minimum d’estime de soi suffit à trancher la question.

En réalité, cette autocensure est extrêmement révélatrice.

Il faut noter que ce sont les mêmes (idéologiquement) qui cachent nos statues « pour ne pas offenser » un président iranien n'ayant rien demandé et qui sont capables - par ailleurs - d’installer un plug anal en place publique contre toute décence et sans se soucier du choc de leur propre population, d’exposer des œuvres profanatrices abîmant ce que certains des fidèles de leur propre pays ont de plus sacré ou qui défendent la colonisation des esprits par le biais de la « morale » sexuelle, aux quatre coins du monde, et contre tout respect des sensibilités locales ou étrangères, justement.

Si ce ne sont pas les mêmes personnes qui le prônent factuellement, c’est une même société occidentale qui en est capable. Le point commun de ces décisions apparemment contradictoires est l’avilissement, conscient ou non. On avilit une civilisation en prétendant en « respecter » une autre, on renonce à ce que l’on est au prétexte fallacieux de l’« accueil », comme l’on avilit les foules par nombre de décisions « progressistes » qui ne cesse de les renvoyer à leurs instincts les plus primaires.

On ne peut à la fois s’indigner qu’une Vénus soit recouverte et trouver géniale l’exposition d’un Vagin de la Reine à Versailles. Cela participe de la même destruction… Et l’Iran n’y est pour rien.

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28 janvier 2016

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