Editoriaux - Politique - Société - 4 décembre 2016

Ça y est, Ségolène a fait son coming out : elle est socialiste !

Une semaine riche en émotions s’achève ; primaires à droite finies, à gauche qui commencent, organisation des hommages spontanés à Fidel, et notre Président annonce qu’il sera bientôt définitivement un ex-Président, avec la tronche du chef du comité des fêtes de Tulle découvrant qu’il a envie de pisser au milieu de la cérémonie de remise des médailles d’or du travail…

Marie-Ségolène savait-elle ? Pardon, il faut dire Ségolène pour ne pas rappeler ses origines assez bourgeoises. La pauvrette vient de prendre un TGV dans le buffet et elle n’a pas l’habitude ; d’abord parce que ça lui rappelle de mauvais souvenirs lorsqu’elle régnait sur la région Poitou-Charentes, voyageant en 1re mais sortant par une porte de 2de devant les journalistes pas dupes, et parce qu’un TGV utilisé en TER pour sauver Alstom, c’est pas du tout écolo, mais alors pas du tout…

Tourneboulée, qu’elle est : pensez donc, 36 ans d’une carrière au cours de laquelle elle a fait croire qu’elle était socialiste pour grimper toujours plus haut, toujours plus fort, toujours plus loin. Elle était née sous de merveilleux auspices, en l’occurrence la promotion Voltaire de l’ENA. Pour parvenir, c’est un vrai boulevard ! Une population incroyablement dense de gens qui vous font croire tout et son contraire : prenez Michel Sapin et les chiffres de l’économie en général, et du chômage en particulier, Jean-Pierre Jouyet qui dit qu’il bosse en sortant un bouquin, Dominique de Villepin se prétendant né pour être Premier ministre, Jean-Jacques Augier financier socialiste entre quelques sociétés off shore, Henri de Castries qui prouve que Fillon a changé, et surtout François Hollande pour qui le job de président de la République est à peu près aussi bien taillé que ses costards.

De conseil général à maroquin(s), notre Poitevine se fait fourmi active, avance ses pions, trompe son monde, déblatère quelques âneries, virevolte, place quelques incompétents fidèles dont Delphine Batho, se fâche avec quelques compétents infidèles comme Olivier Falorni, tweete sans retenue et sans réflexion. Repêchée par son ex dans le gouvernement de Manuel Valls, probablement pour le faire chier autant que pour lui obtenir une pension alimentaire à nos frais.

Sauf que, maintenant, ça sent la fin de la route… Qui pourrait bien protéger la Ségolène depuis que son ex vient de préciser qu’il se rangeait des voitures ? Un bref coup d’œil circulaire montre que les volontaires ne se bousculent pas. Vers quel mentor, vers quel héraut, à défaut d’un Ayrault qu’elle a bien fait suer avec son aéroport et d’un héros qu’elle ne trouve plus ? Quant à l’Hérault, elle risque d’y être accueillie fraîchement et ce n’est pas juste une question de saison…

Les vivants sont passifs, tournons-nous vers les morts ! Affirmons nos convictions, peu importe qu’on y croie, et professons le socialisme à la méthode traditionnelle, en oubliant le jacobinisme feutré de notre Hexagone. Affirmons haut et fort les qualités du Líder Máximo, balayons les objections d’un regard vengeur, d’un coup de menton affirmé. 15.000 prisonniers politiques, dites-vous ? Avez-vous les noms ? Pas de noms, donc ils n’existent pas. Il n’y a pas d’inégalités à Cuba : la misère, c’est l’égalité ! Pas de dictature de la société de consommation, il n’y a pas de consommation… La terreur ? Quelques années en France et Fidel a fait durer ça un demi-siècle… Aucun rapport !

Le royal Castro mérite-t-il vraiment une fidèle Ségolène ?

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