Ce pays fort d’environ dix millions d’habitants et situé dans la région des Grands lacs au centre-est de l’Afrique, est en proie à une crise ethnique et depuis le printemps dernier. Samedi 12 décembre, des affrontements ont encore fait plus de 87 morts. En cause ? Le passage en force du président Pierre Nkurunziza, 52 ans le 18 décembre prochain, pour s’être fait réélire à un troisième mandat présidentiel quand la Constitution du Burundi interdit qu'un dirigeant en exerce plus de deux. Celui que l’on surnomme « Black Panther » parce qu’il s’intéresse de près aux mouvements noirs américains des années ’60, a été réélu le 21 juillet dernier avec 69,41 % des voix après avoir été investi par son parti le FDD (Force de défense de la démocratie). Mais la communauté internationale a jugé ce scrutin illégal et frauduleux.

Cette élection a été précédée, le 15 mai dernier, d’une tentative de coup d’État de la part du général Godefroid Niyombare (46 ans) pendant que Pierre Nkurunziza était à Dar es-Salaam pour un sommet sur la situation de crise… de son pays. Le général putschiste a fini par rendre les armes au bout de quelques heures et il s’en est suivi des représailles. Selon des témoins, la police est allée jusqu’à assassiner les soldats putschistes sur leur lit d’hôpital.

Samedi 12 décembre, ce sont des quartiers de la capitale Bujumbura (Nyakabiga Musaga, Ngagara et Mujejuru) proches des contestataires au président Nkurunziza qui ont été visés. La police et l’armée n’ont, paraît-il, fait que riposter aux attaques de la veille contre trois casernes militaires situées dans ces quartiers. Parmi les 87 morts, on compterait « 79 rebelles et 8 membres des forces de l’ordre », selon le décompte officiel de l’armée.

L’inconstitutionnalité de Pierre Nkurunziza n’est pas la seule cause de cette crise « beaucoup plus profonde », selon Katrin Wittig, doctorante en sciences politiques à l'Université de Montréal. Selon elle, il existe d’autres maux tout aussi importants comme la corruption, les exécutions sommaires et les rivalités ethniques, notamment entre les Hutus (ethnie du Président Nkurunziza) qui sont largement majoritaires (85%), les Tutsi (14%) et les Batwas (1%).

Cette crise institutionnelle cristallise toutes les tensions nées de la guerre civile de 1993 qui avait fait, selon les sources, entre 50.000 et 300.000 victimes. La qui suit son ancienne possession coloniale du coin de l’œil a appelé « à l'arrêt immédiat de la violence. La appelle à une enquête immédiate et indépendante sur les crimes commis ».

Une médiation est à l ‘œuvre sous l’égide de l’Ouganda : Maman Sidikou pour la Monusco, Koen Vervaeke pour l'Union européenne, Thomas Perriello, l'envoyé spécial des Etats-Unis, Modibo Toure, représentant les Nations Unies et Kassimi Bamba de l'Union africaine. Mais pour l’heure, elle ne donne rien.

14 décembre 2015

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