L’encre de la dernière loi de programmation militaire est à peine sèche qu’il est question de la « raboter » encore de près d’un milliard d’euros. Et pour quoi faire, grand Dieu ? Pour financer les largesses fiscales que Manuel Valls veut offrir aux contribuables mécontents pour les amadouer et atténuer la gifle retentissante qu’ils vont administrer au PS.

L’ française, qui est pourtant une des dernières institutions à cultiver les valeurs fondamentales de la nation, ne serait-elle pas, avant tout, victime de la dégradation de notre société ?

Il ne faut pas, pourtant, se résigner et dénoncer haut et fort tant qu’il est encore temps la grande misère de nos armées. Disons-le d’entrée de jeu, la France ne dépense pas assez pour son armée, du moins en regard des intentions et des ambitions affichées. L’état de nos matériels, usés ou obsolètes, en est la preuve.

L’armée française est certes, et dans une certaine mesure, victime de la « crise ». Elle est ainsi devenue, au fil des années, la variable résiduelle d’ajustement budgétaire, celle qu’on taille et retaille dans l’espoir, au demeurant toujours déçu, de parvenir à l’équilibre budgétaire. Dans ce contexte, nos armées sont encore capables de mener à bien des opérations de courte durée et de faible envergure. Mais il n’est plus possible de fermer les yeux sur le mécontentement profond des cadres supérieurs de notre armée.

En premier lieu, les militaires sont exaspérés par le dédain manifeste dans lequel les tient la classe politique. En outre, le malaise actuel est alimenté, entre autres causes, par la dégradation des conditions d’exercice du métier de soldat, qui comporte nombre de servitudes astreignantes que la société civile veut ignorer sereinement.

Le contrat armée-nation est-il rompu ? Va-t-on s’orienter vers une armée de mercenaires, une armée (société ?) de « services », une armée bonne à tout?

Car qu’on le veuille ou non, notre pays a désormais perdu l’essentiel de sa souveraineté au sens traditionnel du terme. Avec l’ et l’espace de Schengen, territoires devenus miraculeusement espaces de concorde et de paix, notre pays n’a plus de frontières à défendre.

Dans ce contexte, la problématique de la France, devenue, de fait, une puissance de 2e rang - et encore... - n’est pas aisée à résoudre. L’absence de menaces aux frontières aisément identifiables ne facilite pas le débat. Et pourtant, l’heure des choix, toujours difficiles, est proche.

C’est donc le moment de se poser la question fondamentale que ladite loi de programmation militaire se garde bien d’évoquer, même indirectement : à quoi servira l’armée de demain, quelles seront ses missions et de quels moyens devrait-elle disposer ?

Si la France ne se décide pas à consacrer davantage de ressources à son armée, les conséquences sont claires. Il lui faudra, la dans l’âme peut-être, mais tant pis, céder sa place à d’autres, en Afrique, ou ailleurs. Choix cruel mais inéluctable. Le problème n’est plus désormais une question de prestige mais de survie à terme, tout simplement.

23 mai 2014

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