Economie - Editoriaux - 14 octobre 2017

Budget 2018 : Macron au service des plus riches !

En réaction aux propos tenus mardi dernier sur France Inter par Boris Vallaud, qui sous-entendait que Macron était le Président des riches, Jean-Christophe Lagarde a dit, lui, sur LCP, qu’il s’agissait d’un slogan.

Le président de l’UDI est dans l’erreur. Car si le qualificatif de “Président des riches” est repris à cor et à cri par une grande partie de l’opposition, ce n’est pas le fruit du hasard. Macron méprise tous ceux qui ne lui ressemblent pas.

Mépris d’un général d’armée qui avait fait son devoir en répondant aux questions des députés, mépris de nos aînés avec l’augmentation de la CSG, mépris, encore, des étudiants avec la diminution de l’APL. Mais qu’il prenne garde : comme disait l’empereur romain Marc Auréle, “vous pouvez tondre le peuple, mais prenez garde à ne pas l’écorcher”.

Avec le projet de budget 2018 présenté par le gouvernement, le peuple est une fois de plus, si ce n’est écorché, du moins le dindon de la farce. En effet, ce projet de budget est totalement déséquilibré, notamment avec la suppression de l’ISF, puisqu’il fait bénéficier de près de la moitié des baisses d’impôts à une infime partie de la population, les 10 % les plus riches.

Quand les efforts sont, eux, concentrés notamment sur les retraités qui ont pourtant travaillé toute leur vie et qui méritent pleinement de profiter du fruit de leur dur labeur.

Macron est un homme de classe et il le montre ici plus que jamais en dressant les riches et les classes moyennes les uns contre les autres. Quand son rôle serait, au contraire, d’être le Président de tous les Français et donc de les rassembler au lieu de les diviser.

La suppression de l’ISF pour les actifs financiers que j’évoquais plus haut est taillée sur mesure pour les riches et Macron ne peut pas ne pas le savoir, sauf à totalement méconnaître le pays dont il a la charge. Ou à se moquer du monde.

En effet, qui possède les actifs financiers mobiliers si ce n’est les plus riches ? Le reste de la population préfère, c’est bien connu, miser sur l’épargne ; pour preuve, le taux d’épargne des Français a progressé à 15 % du revenu disponible (brut) à la fin du troisième trimestre 2016, selon des données publiées par la Banque de France. On supprime l’ISF et, dans le même temps, on gèle les taux d’intérêt des livrets d’épargne populaire.

On marche sur la tête ! De fait, le Livret A qui est le placement préféré des Français demeure à 0,75 % alors que l’inflation augmente, ce qui signifie que ceux qui en possèdent un – 55,8 millions de personnes – perdent de l’argent.

Qui plus est, le gouvernement fait fausse route. Il prétend que la suppression de l’ISF va faire revenir les capitaux en France mais c’est se bercer d’illusions. On peut faire revenir les capitaux, mais en diminuant les impôts pour ceux qui investissent en France comme le font les États-Unis, par exemple.

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