Alors que le gouvernement est engagé dans une de réduction du déficit budgétaire, beaucoup de nos concitoyens appelés à se serrer la ceinture se demandent à juste titre où va l’argent public…

Voyons ce qu’il en est. En 2011, les des administrations publiques ont été consacrées à hauteur de 46 % aux prestations sociales (32 % en 1960), 34 % aux salaires de la fonction publique (41 % en 1960), 5 % à l’investissement (9 % en 1960), 10 % à des subventions diverses (15 % en 1960) et 5 % aux intérêts de la (3 % en 1960) [PDF]. Ce total représentait 57 % du PIB (35 % en 1960). On le voit, au cours des 50 dernières années, le poids de l’État n’a cessé de gonfler et singulièrement celui des transferts au titre de ce que nous pouvons appeler l’État-providence. Une tendance qui ne semble pas devoir s’inverser en 2014. Pourtant, ce serait une erreur d’en conclure qu’il suffirait de couper dans les pour sortir de la .

Ces chiffres, en effet, nous indiquent comment l’État dépense nos mais ne nous disent pas qui en bénéficie en bout de chaîne, car en dehors des transferts directs à l’étranger qui pèsent un peu moins de 5 %, la quasi-totalité des dépenses publiques est recyclée soit dans l’investissement des entreprises, soit dans l’épargne des ménages, soit dans la consommation.

Pour bien comprendre, imaginez l’ comme une immense piscine et l’État comme une pompe ; le niveau de l’eau à l’intérieur – la richesse du pays — dépend autant de l’efficience de la pompe que des fuites éventuelles au fond du bassin. Or, les fuites de la piscine France sont des trous béants. La pompe fonctionne mal : au total, la fraude fiscale et la fraude sociale coûtent à la collectivité autant que la totalité du déficit budgétaire.

Première fuite : l’épargne induite par les dépenses publiques n’est pas assez consacrée à financer des investissements créateurs d’emplois mais bien davantage à des investissements financiers et immobiliers stériles, artificiellement gonflés par la spéculation.

Deuxième fuite : l’effet d’entraînement de la consommation (Keynes) ne fonctionne pas à cause du déficit gigantesque de la balance commerciale.

À cet égard, la comparaison avec l’Allemagne est insolente. En 2012, l’Allemagne est parvenue à dégager un excédent commercial de 180 milliards d’euros contre un déficit de 70 milliards pour la France. Quant à l’, les prix on doublé en France entre 2001 et 2010 alors qu’ils ont légèrement baissé outre-Rhin. Enfin, la fraude fiscale est de l’ordre de 3 % du PNB en France contre 2 % en Allemagne.

En conclusion, une lutte sans merci contre la fraude fiscale, une baisse des prix de l’immobilier et une protection aux frontières intelligemment ciblée sont les conditions sine qua non sans lesquelles la réduction des dépenses de l’État et la diminution de la pression fiscale, au lieu de produire des effets bénéfiques, pourraient s’avérer pires que le mal.

26 septembre 2013

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