Ces derniers temps (1er Mai, Rendez-vous de Béziers) ont mis à jour des divisions internes au FN. Si les choix de Marine Le Pen inquiètent, Bruno Gollnisch semble finalement occuper la place du rassembleur.

Sur un plan politique, l’homme a une certaine expérience : numéro 2 du FN pendant des années, président d’un groupe régional, ancien député français, député européen, conseiller municipal : cette expérience acquise est un atout, à une heure où il est reproché au FN de ne pas connaître le pouvoir et où cette inexpérience inquiète certains électeurs. De même, sa proximité avec certains milieux (avec leur force militante, leurs réseaux, etc.) et sa fidélité à Jean-Marie Le Pen le placent dans la position d’un homme non calculateur et soucieux d’un parti apaisé.

Sur le plan de la tactique politique, Bruno Gollnisch a pris des positions clairement de droite (famille, immigration, libertés économiques, internationale, identité, place de l’État, etc.), a participé à et s’est montré, à la dernière élection présidentielle, prêt à négocier avec la afin de faire barrage à la gauche. Ce positionnement est susceptible de plaire à l’électorat de droite, voire à certains cadres et élus, en accord dans les grandes lignes avec le Front mais ne comprenant pas cette porte fermée et cette ouverture à gauche que le mouvement s’obstine à faire.

Ce positionnement, mais aussi les bonnes relations qu’il entretient avec de nombreuses personnalités de la française, peuvent lui permettre de réconcilier la grande famille de droite sur ses principes fondateurs. Ces personnalités, parfois en conflit, peuvent se retrouver dans un Bruno Gollnisch qui pourra les rassembler, apaiser leurs luttes et porter leurs aspirations.

Une fois encore, le Front national, en refusant toute union des droites, toute alliance avec des alliés somme toute naturels qu’il pourrait trouver à droite, en rompant avec ses cadres historiques, en souhaitant attirer une gauche qui ne viendra jamais, donne l’impression d’une petite cour qui se coupe de ses racines, oublie la direction à suivre et risque de ne vite plus attirer personne, voire fera partir ceux qui votent pour lui.

La particularité de Bruno Gollnisch, si elle est exploitée, est de pouvoir potentiellement réconcilier des tendances en leur redonnant un socle commun et en les portant politiquement. Cette traditionnelle a, de plus, le vent en poupe depuis quelques années dans la société française (succès de librairie, de mouvements politiques, de médias, d’intellectuels, etc., se revendiquant de cette tendance).

Il est de bon ton de dire qu’une bataille politique en France se gagne au centre, qu’il faut mettre de l’eau dans son vin afin d’attirer le maximum d’électeurs. Et si c’était le contraire ? Et si le rassemblement se faisait sur une base clairement de et que l’« ouverture » à tout prix était synonyme de défaite ?

9 juillet 2016

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